États-Unis d'Amérique
Bear Island – 2019

Janet Klein

Présentation des campagnes
(par année)


Direction

Sébastien Perrot-Minnot (Eveha International)

Participation d’Éveha

Direction de l’opération

Sébastien Perrot-Minnot a effectué une mission en Alaska en septembre 2019. A cette occasion, il a rencontré les partenaires du Projet Bear Island, entrepris des recherches documentaires, examiné et photographié les artefacts lithiques de l’île de Bear Island conservés au Musée Pratt, et visité le site SEL-00036 en compagnie de Janet Klein. Au cours de cette visite, une prospection du secteur et un premier relevé photographique de la paroi ornée ont été réalisés. Grâce à Frederic Wilson et à Sue Karl, géologues de l’USGS en Alaska, la roche qui a été peinte a pu être caractérisée comme de la siltite silicifiée.

Après son retour de mission, Sébastien Perrot-Minnot a amélioré les photos de la paroi ornée avec le plugin DStretch du logiciel ImageJ, ce qui lui a permis de mieux cerner des pictogrammes déjà connus, et d’identifier un grand nombre de nouveaux pictogrammes, dont le motif polychrome mentionné plus haut (la polychromie est exceptionnelle dans l’art rupestre du centre-sud de l’Alaska). En outre, pour la première fois, tous les pictogrammes ont été localisés sur une image de la paroi ornée, afin d’avoir une vue d’ensemble des manifestations rupestres et de réfléchir à leur distribution, qui présente des aspects intrigants. L’étude comparative de l’iconographie a déjà révélé des analogies significatives avec d’autres sites d’art rupestre de cette partie méridionale centrale de l’Alaska : des sites de la baie de Kachemak, du golfe de Cook, mais aussi de la baie du Prince-William et de l’île Kodiak.

Les données actuelles de la recherche suggèrent que les riches peintures de Bear Island sont des témoignages de la Tradition Kachemak, qui apparaît à Kodiak vers 1500 avant J.-C. et sur la péninsule de Kenai quelque cinq siècles plus tard, pour disparaître entre 600 et 1000 après J.-C. Cette entité culturelle est attribuée aux Alutiiq, ou « Eskimo du Pacifique ». Le Projet Bear Island pourrait donc permettre de définir, à une échelle régionale, une « identité rupestre » des Alutiiq de la Tradition Kachemak. Au reste, l’iconographie rupestre et des témoignages ethnographiques amènent à penser que les peintures de Bear Island se rapportaient à des rituels de chasse.