Sultanat d'Oman
Khor al Jarāma – 2018

© mission archéologique française de Jarama

Présentation des campagnes
(par année)


Direction

Dr. Christophe Sévin-Allouet (Éveha International)

Participation d’Éveha

Direction de projet et support matériel

Qarhât al Add

Les photos aériennes et les relevés photogrammétriques de cette première campagne ont permis de mieux comprendre ce grand monument qui était localisé au sommet d’un grand promontoire rocheux. Ce dernier mesurait 21m de long pour 6m de large et 1,20m de haut pour les sous-bassement en pierre sèche, et avait une surface utile interne de 110 m2.

Les photos aériennes ont également permis de mieux appréhender un chemin d’accès partant de la base de la colline et serpentant jusqu’au sommet pour atteindre l’entrée du monument. Il a également été possible de mieux repérer la présence d’un monument circulaire situé à l’extrémité nord-est du bâtiment et qui serait très probablement une tombe associée (un fragment de crâne humain retrouvé à proximité vient renforcer cette hypothèse).

Le relevé photogrammétrique par prise de vue aérienne a pour sa part permis de mettre en évidence une série de petits aménagements circulaires localisés partout sur les pentes et entourant le grand bâtiment. Ces derniers étaient protégés dans la partie nord-est de la pente par ce qui semble être un grand mur de blocage. Ainsi, il apparaît qu’il ne faut pas simplement considérer ce site comme un bâtiment isolé au sommet d’une colline, mais bien comme un complexe architectural ayant conduit à une occupation et à un aménagement de l’ensemble de cette colline (et probablement des environs).

Le sondage réalisé à l’une des extrémités du monument n’a pas permis de mettre au jour du mobilier archéologique. Cependant, la découverte d’une vertèbre de poisson située à la base du mur permettra d’obtenir par datation 14C une première attribution chronologique pour ce site. Il ne faudra toutefois pas considérer cette datation comme une attribution chronologique définitive : aussi bien la taille du bâtiment que les nombreux éléments architecturaux qui composent l’aménagement de cette colline témoignent en effet d’une probable occupation sur le long terme.

 

Khor al Jarama

La fouille de la tombe 1 de la nécropole de Khor al Jarama s’est avérée particulièrement intéressante.

Il a en effet été possible de mettre au jour un monument à l’architecture complexe. Celui-ci prenait la forme d’une large structure circulaire construite en pierre sèche qui mesurait 6,70m de diamètre pour 1,70m de haut, et qui était très probablement, d’après les observations architecturales, couverte en encorbellement à l’origine.

Seulement une tombe, localisée au centre du monument, a pu être mise au jour. Cette dernière contenait le dépôt d’un individu adulte en position contractée sur le côté droit. Malheureusement cette tombe avait été pillée et perturbée : seulement quelques perles appartenant à un collier ont ainsi pu être retrouvées au niveau des clavicules. L’orientation de la tête n’était par ailleurs plus évidente non plus, celle-ci ayant été bougée pour arracher un probable collier, même si nous pouvons supposer d’après la position du reste du corps que l’individu devait initialement regarder vers les sud.

 

Une seconde tombe a également été mise au jour à l’extérieur. Celle-ci était accolée au monument mais non chaînée avec ce dernier : ce qui indique clairement sa postériorité et sa construction plus tardive.

Cette petite sépulture contenait également le dépôt d’un unique individu. Celui-ci était un adulte mature déposé comme le sujet de la tombe centrale en position contractée, mais cette fois-ci sur le côté gauche et regardant vers le Khor.

Cette sépulture n’avait pas été pillée et les artefacts mis au jour étaient ainsi plus nombreux : des perles qui correspondent à un probable bracelet, un petit morceau de corail, une grande perle pendeloque, une grande aiguille en cuivre, ainsi que deux larges coquillages creux qui feront l’objet d’une analyse physico-chimique des résidus.

 

Les diagnoses du sexe et de l’âge de ces deux individus sont actuellement en cours de réalisation. D’autres observations sur ces ossements viendront également compléter ces études lors de la campagne 2018/2019.

La fouille de cette première tombe s’achèvera également l’année prochaine en mettant à plat le monument afin de voir si d’autres sépultures ne sont pas situées en-dessous. Enfin les datations radiocarbones de ce monument, dont l’architecture ne semble pas avoir d’équivalent actuellement dans le Ja’alan, sont également en cours.