Sultanat d'Oman
Khor al Jarāma – 2019

Présentation des campagnes
(par année)


Direction

Dr. Christophe Sévin-Allouet (Éveha International)

Participation d’Éveha

Direction de projet et support matériel

La seconde campagne de fouille du monument 2 sur la nécropole de KJ1, conduite durant l’hiver 2019, a permis de mettre au jour un monument complexe combinant une tombe circulaire mesurant 4,20 m de diamètre avec un bâtiment rectangulaire, une habitation sans aucun doute possible, compartimenté par une série de murs internes (fig.4).
Trois individus ont été mis au jour, disposés dans des cellules localisées au centre de la tombe circulaire : deux individus adultes et un bébé de 16 mois associés à un dépôt de chèvre et à du mobilier funéraire (des perles et un anneau en coquillage).
Deux datations bioapatites réalisées par le laboratoire CIRAM à Bordeaux, une sur ossement humain et l’autre sur os de chèvre, ont donné une fourchette chronologique pour cette tombe durant la période Hafit, et plus précisément entre 3081 et 2906 cal. BC. À la fin de son utilisation cette tombe a été certainement condamné par le feu : des traces d’un incendie très important sont en effet visibles dans toute la partie sud de la tombe. Le calcaire présent ici a été presque complétement délité sous l’effet de la chaleur et a pris une couleur bleue/rouge.

Concernant le bâtiment rectangulaire, une datation radiocarbone réalisée sur charbon de bois a donné une fourchette chronologique entre 2575 et 2347 cal. BC, c’est-à-dire durant la période Umm an-Nar. Cet habitat apparait donc comme étant postérieur à la tombe circulaire, dont il vient se substituer, et a probablement était érigé en récupérant en partie ses pierres qui constituent son soubassement.
Considérant les éléments architecturaux mis au jour tel que l’absence de chainage dans les parements ou encore les interruptions dans les murs, il est possible de considérer que cet habitat a connu au moins deux ou trois différentes phases distinctes de constructions et d’utilisations (fig.6). De même, la présence de « lignes de vide » dans les parements atteste sans doute possible d’un système d’élévation et de couverture en bois pour ce bâtiment.