Egypte
Tanis – 2016

©MFFT (Fr. Leclère)

Présentation des campagnes
(par année)


Direction

François Leclère (PSL Research University Paris / EPHE Sciences religieuses, EA 4519 – Égypte ancienne : archéologie, langue religion)

Participation d’Éveha

Topographie
Photogrammétrie

La réalisation du nouveau programme de recherches de la Mission française des fouilles de Tanis mis en place en 2014 a été poursuivie au printemps puis à l’automne 2016. La collaboration d’Évéha international a porté sur les opérations de topographie.

 

Sébastien Poudroux a assuré le suivi topographique des opérations de prospections céramologique et magnétométrique à la surface du tell, dans les parties sud et est de la plaine centrale, dans le prolongement des opérations menées durant les deux précédentes campagnes. Celles-ci ont permis de mettre en évidence les vestiges de nouveaux quartiers de la ville (maisons, ateliers, réseau viaire), une partie de l’enceinte arasée du temple dit d’Horus, et un segment d’un très épais mur orienté nord-sud, dont la fonction reste à déterminer. L’opération a permis d’atteindre le secteur de la plaine centrale où les remontées d’humidité font déjà apparaître à l’œil nu les arasements de constructions diverses, notamment sur les prises de vue aériennes ou satellitaires. La méthode magnétométrique apportant toutefois des résultats légèrement différents de la simple observation de la surface, elle s’avère ainsi complémentaire.

 

Une série de mesures topographiques à la périphérie du tell a permis de mettre à jour les contours actuels, qui ont passablement évolué depuis le milieu des années 1980. Elle montre notamment l’assez forte progression des cultures à la bordure nord-orientale du tell. Le positionnement d’un certain nombre de vestiges monumentaux des temples d’Amon et de Mout a également été réalisé. L’azimuth de l’axe du temple d’Amon a pu être très précisément déterminé. À l’automne 2016, une session courte mais dense de prises de vue par cerf-volant a été réalisée, principalement dans le secteur des domaines sacrés d’Amon et de Mout, ainsi que dans une partie de la plaine centrale. Combinée avec une couverture topographique, elle a permis la réalisation d’ortho-photographies de qualité et d’un premier modèle numérique de terrain partiel. Ces opérations ont permis de jeter les bases de nouveaux plans, et de réaliser des plans-schémas de synthèse de l’ensemble du tell et des temenos d’Amon et de Mout.

 

Parallèlement, les travaux d’étude épigraphique ont été poursuivis dans les magasins et dans les tombes royales. La documentation des blocs inscrits provenant de tombes de hauts personnages privés de la 21e dynastie, remployés dans la tombe de Chéchanq III a été achevée, tandis que l’étude de blocs provenant de deux monuments de Chéchanq V, remployés dans les parois du Lac sacré d’Amon a été avancée. Divers autres monuments ont été également ponctuellement documentés. La paléographie des inscriptions des tombes royales de la XXIIe dynastie a progressé, cette année dans la tombe d’Osorkon II. Plusieurs opérations de nettoyage et de mise en valeur ont également été menées en divers points du site. Les pavements internes de la tombe de Psousennès ont été pour la première fois intégralement dégagés, ce qui a permis plusieurs observations architecturales. Un premier test de relevé photogrammétrique a été mis en œuvre. Un premier diagnostic des processus de dégradation des parois décorées, provoqués notamment par la cristallisation récurrente des sels contenus dans les blocs de la maçonnerie, a permis de jeter les bases de futures interventions relatives à la conservation des monuments. L’alternance entre phases humides et sèches étant un facteur particulièrement important dans la migration et la cristallisation des sels, les digues de protection mises en place dès 2015 autour des tombes ont été renforcées et régularisées. Dans l’attente de pouvoir mettre en œuvre des projets plus lourds de conservation, elles permettent de réduire considérablement le risque d’inondation dans et au contact des tombes, en cas de pluies torrentielles, qui ne sont pas rares dans cette région. La surface des toitures ont été soigneusement dégagées puis photographiées par cerf-volant, tandis que les relevés en plan bloc à bloc ont pu être calés topographiquement. Un premier modèle numérique a été réalisé.

 

Au nord du parvis de la porte monumentale de Chéchanq III, une tête de colosse en granit, auparavant appuyée contre la façade dans des conditions inadaptées, a été installée sur un nouveau socle de béton, à proximité du tronc et des jambes du colosse. Dans la partie centrale du temple, une banquette de béton longue de 22 m a été construite, pour y installer une vingtaine de gros fragments de statuaire colossale en quartzite.

 

N.B. : Sur la base du programme engagé et des résultats obtenus, la MFFT s’est vue décerner fin 2015 le Prix Jean et Marie-Françoise Leclant (Fondation Jean Leclant) et en 2016 – 2017 le « Label Archéologie » de l’Académie des inscriptions et belles-lettres.

 

Modèles numériques réalisés :

  • Nécropole royale (NRT I-III)

https://sketchfab.com/models/9c9d4ac2753a4320a1091ae79a0559c0

  • Tombe de Chéchanq III (NRT V)

https://sketchfab.com/models/98708596a6764ed5ba1d39620585a5b5

  • Colosse « couché » de Ramsès II, dans la partie centrale du temple

https://sketchfab.com/models/2bda5c55bbf74aaf8ce36f3a2fe7ae4e