Arabie Saoudite
Thâj – 2016

© Mission archéologique de Thâj

Présentation des campagnes
(par année)


Direction

Jérôme Rohmer (CNRS, UMR 7041 ArScAn)

Ahmad al-Jallad (Leiden University, Leiden Center for the Study of Ancient Arabia)

Mahmood al-Hajiri (Saudi Commission for Tourism and National Heritage)

Participation d’Éveha

Fouilles archéologiques

La première campagne de la mission franco-hollando-saoudienne de Thâj s’est déroulée du 25 octobre au 30 novembre 2016. Afin d’appréhender ce site gigantesque, plusieurs opérations ont été menées de front :

  • une couverture photogrammétrique du site par drone afin d’obtenir un modèle numérique de terrain et une orthophotographie globale des vestiges ;
  • une prospection géomagnétique dans les espaces libres de constructions modernes de la ville fortifiée (Institut de Physique du Globe de Strasbourg) ;
  • une étude géo-archéologique et paléo-environnementale (en collaboration avec le programme MEDEE – Mer, Désert, Environnement) ;
  • une prospection archéologique et épigraphique du site et de ses environs ;
  • la fouille archéologique de deux secteurs-tests.

 

La collaboration d’Éveha International a porté sur la fouille du secteur 1, situé dans le faubourg sud-est de la ville antique. Dans ce secteur, la photographie aérienne avait révélé l’existence de très grandes constructions, d’une taille bien supérieure aux bâtiments de la ville intra muros et dont la fonction demandait donc à être élucidée. Pour ce faire, la fouille a ciblé un ensemble de 60×40 m, dont la moitié est (environ 1000 m2) a été décapée et relevée. Ce décapage a mis en évidence une succession de quatre unités architecturales distinctes, disposées en enfilade du nord au sud et organisées chacune autour d’une cour centrale. Leurs murs sont construits en pierres locales mais comportaient peut-être des superstructures en terre.

 

Afin d’appréhender la chronologie de ce secteur, deux sondages ont été ouverts. Le premier, implanté dans l’unité architecturale sud, a révélé l’existence de cinq phases d’occupation, dont la première correspond sans doute à une occupation sporadique. La plus ancienne phase présentant des vestiges construits, la phase 2, semble dater, d’après des analyses 14C et des parallèles céramiques, entre la fin du Ier siècle av. J.-C. et le début du IIe s. apr. J.-C.

 

Le deuxième sondage a été ouvert au nord de l’îlot par des archéologues saoudiens de la SCTH, sous la supervision du collaborateur d’Éveha International. Ce sondage a mis au jour un four de potier, datable entre la fin du Ier et la première moitié du IIIe s. apr. J.-C., et a permis de mettre en évidence une occupation soutenue du secteur au moins jusqu’aux IIIe/IVe s. apr. J.-C. – contredisant la thèse jusqu’ici dominante d’un abandon ou d’un fort déclin de la ville antique au IIe s. apr. J.-C.