Arabie saoudite
Al Kharj oasis

© Thomas Sagory, Mission archéologique franco-saoudienne d'al-Kharj

Éveha International participe à la mission dirigée par Jérémie Schiettecatte (CNRS, UMR 8167 Orient et Méditerranée) et Abdalaziz al-Ghazzi (King Saud University, Riyadh) qui se déroule sur le site saoudien d'al-Yamâma, dans l’oasis d’al-Kharj, au sud-est de Riyadh.

Présentation des campagnes
(par année)


Direction

Jérémie Schiettecatte (CNRS, UMR 8167 Orient et Méditerranée) 

Abdalaziz al-Ghazzi (King Saud University, Riyadh)

Localisation et résumé historique

L’oasis d’al-Kharj se situe au centre de l’Arabie Saoudite, à proximité de Riyadh. Elle est implantée dans l’une des zones les plus fertiles de la région du Nejd.

L’occupation humaine de cette région remonte à la Préhistoire. Les plus anciens vestiges monumentaux sont de très nombreuses tombes. Elles sont rassemblées au sein de nécropoles plus ou moins vastes qui jalonnent la région. L’histoire de ces tombes demeure mal connue pour l’Arabie centrale, mais sur la base des connaissances relatives aux régions voisines (Yémen, Bahreïn), il est possible de les dater de l’âge du Bronze ancien à l’âge du Fer.

Le principal site archéologique de l’oasis, al-Yamāma, se situe immédiatement au nord de la ville moderne d’al-Kharj. Ce site fut l’un des centres urbains principaux de la région du même nom, al-Yamāma. Au début du VIe siècle, cette région fut gouvernée par les princes de la tribu de Kinda, sous tutelle des rois himyarites du Yémen. A la veille de l’Islam, c’est la tribu des Banu Hanifa qui la contrôlait. A la suite de la défaite de cette tribu face à la communauté des premiers musulmans, la ville passe sous contrôle des premiers califes successeurs du prophète Muhammad puis de la dynastie des Umeyyades. C’est à cette période et durant la suivante, la période abbasside, que le site d’al-Yamāma et l’oasis d’al-Kharj connaissent un essor remarquable. Le site d’al-Yamāma disparaît ensuite largement des sources textuelles du 12e au 15e siècle, ce qui semble indiquer qu’il connaît un abandon. Il se développe à nouveau au cours de la période moderne (fin 15e-18e siècles).

La richesse de l’oasis découle de la présence d’importantes réserves d’eau exploitées grâce à un réseau de puits et de canaux souterrains. Les pompages modernes ont aujourd’hui épuisé la nappe phréatique.

Historique des recherches

Si l’histoire de la région est en partie connue grâce aux sources écrites, son patrimoine archéologique a été relativement peu étudié. Dès les années 1920, pourtant, certains auteurs avaient attiré l’attention sur la richesse de ce dernier et sur l’intérêt que son étude présenterait : en plein cœur de l’Arabie, cette région est située au point de contact de plusieurs grandes aires culturelles. Dans les années 1980 et 1990, les nécropoles anciennes ont fait l’objet d’étude très ponctuelles et le site d’al-Yamāma a fait l’objet de quelques sondages..

En 2011, une mission franco-saoudienne a entrepris de développer des recherches à l’échelle de l’ensemble de l’oasis afin d’en étudier l’évolution du peuplement de la préhistoire à nos jours. Côté français, le projet est placé sous la responsabilité de Jérémie Schiettecatte (CNRS). Abdalaziz al-Ghazzi (Université King Saud, Riyadh) est responsable de la partie saoudienne.

Ce projet comporte un important travail d’inventaire et de cartographie des sites de la région, l’ensemble étant intégré à une base de données et à un SIG. Les fouilles archéologiques ont porté conjointement sur plusieurs gisements paléolithiques de la région de Rufaya, sur la nécropole protohistorique d’Ayn al-Dilāʿ et sur la ville médiévale d’al-Yamâma. Plusieurs sondages y ont révélé l’existence de différents bâtiments, parmi lesquels des fours de potiers mais aussi une grande mosquée qui a connu plusieurs phases d’occupation. Les investigations archéologiques se sont poursuivies depuis de manière continue.

Le matériel retrouvé lors des fouilles est souvent assez original et se rapporte à des phases encore mal connues pour la région. Son étude permettra notamment d’établir un assemblage de référence pour la période comprise entre la fin du 4e siècle et le 7e, période peu documentée dans la région de l’Arabie centrale.

Outre la dimension purement archéologique (fouilles et prospections géophysiques), le projet comporte également un volet de restauration qui permet de consolider les bâtiments au fur et à mesure de leur découverte.

Participation d’Éveha International

Archéo-anthropologie

PARTENAIRES

Saudi Commission for Tourism and Antiquities

King Saud University, Riyadh

Ministère des Affaires étrangères

CNRS

Ambassade de France

Agence Nationale pour la Recherche

Université Paris-Sorbonne

 Labex ResMed (Religion et Société en Méditerranée)

École et Observatoire des Sciences de la Terre, Institut de Physique du Globe, Strasbourg