États-Unis d'Amérique
Bear Island

Le Projet Bear Island est conduit par Sébastien Perrot-Minnot,(Eveha International) et s’inscrit dans la continuité du Projet Sadie Cove (2017-2018). Il vise à documenter, analyser et contextualiser les riches peintures rupestres pré-européennes du site de Bear Island (Alaska, États-Unis).

Présentation des campagnes
(par année)


Direction

Sébastien Perrot-Minnot (Eveha International)

Localisation et résumé historique 

Le site de peintures rupestres de Bear Island (SEL-00036 dans l’inventaire officiel des sites archéologiques de l’Etat de l’Alaska) se trouve dans la partie méridionale centrale de l’Alaska. Il est localisé sur une petite île de la baie de Kachemak, qui pénètre dans le sud de la péninsule de Kenai et s’ouvre sur le golfe de Cook, une subdivision du golfe de l’Alaska ; la ville la plus proche est celle de Homer, située à 24 km au sud-ouest de SEL-00036, à l’entrée de la baie de Kachemak.

 

Historique des recherches 

Le site a commencé à susciter des recherches dans les années 1930. A l’époque, un Natif Dena’ina (Athabascan, donc Amérindien), dont le nom ne nous est pas connu, a rapporté l’existence des peintures de Bear Island à l’ethnologue Cornelius Osgood. Ce dernier s’est montré intéressé par le lieu, sur lequel il a prélevé trois fragments de roche ornés, aujourd’hui conservés au Musée Peabody d’Histoire Naturelle (Université de Yale).

Osgood a fait connaître la paroi ornée de Bear Island à l’anthropologue et archéologue Frederica de Laguna, qui travaillait alors sur la « civilisation eskimo ». De Laguna a réalisé des relevés, des dessins et une analyse iconographique des pictogrammes, et a creusé deux sondages sur le site. Plus récemment, l’étude des manifestations rupestres a été enrichie par les travaux des archéologues Janet Klein (depuis les années 1990), Melissa Baird (années 2000) et Sébastien Perrot-Minnot (depuis 2017), mais aucune autre excavation n’a été pratiquée dans le secteur.

Les peintures de Bear Island ornent une paroi rocheuse qui s’élève en surplomb, en arrière d’une crique. On y reconnaît, actuellement, une soixantaine de pictogrammes, distribués sur une surface de 1,80 x 4,10 m. Ils forment des représentations zoomorphes (principalement), anthropomorphes, géométriques et abstraites, de petite taille (le motif le plus grand du corpus ayant une longueur de 14 cm). Les pictogrammes sont monochromes et de couleur rougeâtre, à l’exception d’un motif polychrome présentant également des pigments orange et noir. Des groupes de pictogrammes semblent composer de petites scènes, et d’une façon générale, la répartition des peintures donne l’impression d’une organisation.

De Laguna a mis au jour un niveau d’occupation préeuropéen comportant des restes de faune au pied de la paroi ornée, et des artefacts lithiques de tradition native ont été découverts ailleurs sur l’île, mais ces vestiges n’ont pas pu être rattachés à une phase particulière.

Dans la continuité du projet qu’il a consacré à l’abri sous roche orné de Sadie Cove (2017-2018), également situé dans la baie de Kachemak, Sébastien Perrot-Minnot a commencé à développer un programme de recherche sur le site d’art rupestre de Bear Island, dans le cadre d’Eveha International, afin d’approfondir les réflexions sur le style et le contexte chrono-culturel des manifestations pariétales. Le Projet Bear Island prévoit la réalisation, en 2019-2020, d’une prospection, de nouveaux relevés et dessins des peintures, de relevés topographique et photogrammétrique du site, d’un sondage et d’une étude du mobilier archéologique qui serait découvert.

Participation d’Éveha International

Direction de l’opération

PARTENAIRES

Janet Klein, archéologue indépendante de Homer
Bureau d’Histoire et de l’Archéologie de l’Etat de l’Alaska
Musée Pratt, Homer
Institut d’Etudes Géologiques des Etats-Unis (USGS)