Égypte
Dendara

Vue générale de la nécropole de Dendara. © Yann Tristant, Mission Dendara

Présentation des campagnes
(par année)


Direction

Yann Tristant (Senior Lecturer, Macquarie University, Sydney, Australie)

Localisation et résumé historique

Située sur la rive ouest du Nil et en bordure du désert, Dendara est une petite ville qui se trouve à environ 65 km au nord de Louxor. Cette ville autrefois connue sous le nom de Nikentori ou Tantere, fut la capitale du 6e nome de Haute-Égypte, le nome « du crocodile ». Bien que la nécropole de la cité et les textes antiques attestent une occupation continue dès la période protodynastique, le site est aujourd’hui surtout connu pour son temple gréco-romain dédié à la déesse Hathor et dont le plafond orné d’un zodiaque est unique en Égypte. Il semble que Pépi Ier soit à l’origine de la construction de la partie la plus ancienne de ce complexe architectural qui fut par la suite reconstruit et restauré plusieurs fois jusqu’aux derniers Ptolémées. C’est aux empereurs romains qu’on doit le temple actuel ainsi que le mammisi connu sous le nom de « temple de la naissance d’Isis », près de la grande porte de l’Est. Une église copte probablement construite au Vème siècle se trouve dans le secteur du mammisi. La ville arabe moderne est construite sur l’ancien site de Ta-ynt-netert, qui signifie « Elle du Pilier Divin ». Dendara correspond donc à un vaste ensemble dont l’enceinte renferme des monuments construits à différentes époques. La nécropole s’étend sur une vaste bande désertique au sud du temple d’environ 2 km de long d’est en ouest sur 500 à 700 m de large du nord au sud, soit plus d’une centaine d’hectares.

 

Historique des recherches

Depuis la redécouverte du site par l’expédition de Bonaparte en 1798, la plupart des travaux de recherche se sont concentrés sur le temple et son enceinte. Le grand cimetière a longtemps été délaissé. Partiellement fouillée par Flinders Petrie en 1898 pour le compte de l’Egypt Exploration Fund (Petrie 1900), puis par Clarence Fisher de 1913 à 1917, pour le musée de l’université de Pennsylvanie (Fischer 1968 ; Slater 1974), cette vaste zone sépulcrale a ensuite été « oubliée » de la recherche archéologique pendant près d’un siècle. Pourtant, il s’agit d’un ensemble impressionnant : plus de 2000 tombes ont été mises au jour à Dendara, couvrant un spectre chronologique très large. Les datations s’échelonnent entre la période protodynastique (début du 3e millénaire av. J.-C.) et la période ptolémaïque (Ier siècle ap. J.-C.). Toutefois, l’ensemble demeure mal connu et les résultats obtenus par les archéologues précédents restent dans une large mesure inédits, publié uniquement dans des rapports préliminaires. Ce secteur est désormais menacé par l’avancée des cultures et du tissu urbain moderne qui rongent certains secteurs du site encore intacts. Pour toutes ces raisons, la reprise des recherches semblait indispensable. Conjointement aux projets de P. Zignani (CNRS/IFAO) sur l’architecture cultuelle et de G. Marouard (The Oriental Institute, Chicago) sur le développement urbain, le nouveau programme de recherche sur la nécropole, initié en 2014 par Y. Tristant (Macquarie University, Sydney) en partenariat avec l’IFAO, a pour but de reprendre l’ensemble de la documentation disponible, de nettoyer les secteurs clés afin de mieux cerner les structures et le mobilier funéraire découverts lors des études anciennes, mais aussi de fouiller les parties encore inexplorées pour compléter nos connaissances (Tristant 2014-2015).

 

Bibliographie

Fischer H.G. 1968, Dendara in the Third Millenium B.C. down to the Theban Domination of Egypt, Glückstadt.

Petrie F. 1900, Dendereh, ExcMem 17, Londres.

Slater A. 1974, The Archaeology of Dendereh in the First Intermediate Period, University of Pennsylvania, thèse de doctorat.

Tristant Y. 2014-2015, Recherches sur la nécropole de Dendara, dans Zignani P., Dendara : architecture de l’espace sacré et environnement. Rapport d’activité de l’Ifao. BIFAO 114, p. 120-133.

Participation d’Éveha International

Archéo-anthropologie

PARTENAIRES

Institut français d’archéologie orientale (IFAO),Le Caire
Macquarie University, Sydney