Palestine
Hebron

© Mission archéologique française du Chêne de Mambré

Eveha International a réalisé une étude préliminaire du mobilier en verre trouvé sur le site du Chêne de Mambré à Hébron (Cisjordanie). Ce projet est dirigé par Jehad Yasin (Département des Antiquités de Cisjordanie) et Vincent Michel (Université de Poitiers, HeRMA).

Présentation des campagnes
(par année)


Direction

Jehad Yasin (Département des Antiquités de Cisjordanie)

Vincent Michel (Université de Poitiers, HerMA)

Localisation et résumé historique

Le site se trouve au nord d’Hébron, à 3 km du centre de la ville. Il est localisé sur l’ancienne route reliant les axes principaux Hébron-Jérusalem et Bethléem-Zif.
Selon la tradition, cette colline correspondrait au lieu où Abraham vint installer son campement après que Dieu lui ait promis une vaste terre et une nombreuse descendance (Genèse, 13 : 14-18). Initialement associé à la mémoire juive, cet endroit a également jouit d’une importante renommée avec l’avènement des temps chrétiens. Des pèlerinages y étaient organisés dès l’Antiquité tardive et au 6e s. Une église associée au site d’Hébron figure sur la mosaïque de Madaba (Jordanie). Elle occuperait l’emplacement concerné par le projet de recherche actuel.

 

Historique des recherches 

Au 20e s., plusieurs campagnes de fouille ont eu lieu. L’archéologue allemand E. Mader a effectué des fouilles en 1928 puis Y. Magen, d’origine israelienne, réalisa des sondages en 1984 et 1986. Ces premières observations ont permis d’apercevoir cinq phases d’occupation allant de l’âge du Fer jusqu’aux Mamelouks. Trois grandes périodes sont bien attestées : époque romaine, byzantine et médiévale.
En premier lieu, on identifie une impressionnante enceinte sacrée dite « herodienne » enserrant un espace de plus de 3000 m². Les murs sont montés en grand appareil et un puits occupe l’angle sud-ouest du complexe.
Vers 130 de n.è, au temps de la domination romaine, une partie des blocs furent remployés pour l’édification d’un temple païen dédié à Hermès. Au 4e s. apr. J.-C., une basilique à trois nefs fut érigée dans la zone est de l’enceinte. Précédée d’un narthex, elle était coiffée par une abside flanquée de deux sacristies. Cette première église aurait été détruite lors de l’invasion perse en 614 puis restaurée au 7e s. Encore fréquentée aux temps des croisades, elle par la suite progressivement délaissée et le site est abandonné.
V. Michel, professeur à l’université de Poitiers, a repris les opérations en 2016 après un hiatus de près de 30 ans. Les objectifs étaient de réaliser un relevé aréométrique de l’ensemble du site, de conduire une étude du bâti ainsi que de faire des sondages afin de préciser la chronologie des occupations.
Les deux premières points ont été réalisés et plus d’une cinquantaine de sondages ont été menés a l’intérieur comme à l’extérieur de l’enceinte.
Les premiers résultats viennent quelque peu contredire les conclusions des précédentes équipes.
A l’intérieur de l’enceinte, une première occupation été appréhendée en deçà du dallage déjà attesté. Par ailleurs, le mobilier ainsi que des datations C14 viennent contredire la datation de l’enceinte, dont la construction serait située lors de l’Antiquité tardive et non au cours de la période impériale. Un autre point sensible concerne le lien stratigraphique entre la construction de l’enceinte et le dallage repéré sur l’ensemble de la parcelle. Certains chercheurs supposaient la contemporanéité des deux constructions alors que d’autres pensaient que le mur d’enceinte serait venu recouper un dallage antérieur, ceci expliquant plusieurs irrégularités de constructions.
Or, plusieurs sondages ont permis de mettre en évidence l’existence d’un important remblai, très riche en matériel, entre la terrasse rocheuse et le dallage. Et il se trouve que le mobilier récolté fournit des datations très variées, entre la fin du Haut-Empire et la première moitié du VIIIe s.
A l’état d’étude préliminaire, l’ensemble des artefacts devra être étudié dans son ensemble afin de préciser les datations et le phasage du site.

Participation d’Éveha International

Etude du mobilier en verre

PARTENAIRES

Ministère du Tourisme et des Antiquités de Palestine
Commission des Fouilles, Ministère des Affaires étrangères et du développement international
Laboratoire HeRMA – Université de Poitiers
Consulat Général de France à Jérusalem
Labex RESMED Paris-Sorbonne