Sultanat d'Oman
Khor al Jarāma

© mission archéologique française de Jarama

La première campagne de fouille de la Mission Française de Khor al Jarama, placée sous l’autorité du Ministry of Heritage and Culture of Oman et l’Institut des Déserts et des Steppes, a été conduite par Éveha International entre le 5 février et le 11 mars 2018.

Présentation des campagnes
(par année)


Direction

Dr. Christophe Sévin-Allouet (Éveha International)

Localisation et historique du programme

Le site de Khor al Jarama est situé à environ 10 km au sud-ouest de la ville de Ras al-Hadd, dans la région du Ja’alan.

Cinq tombes susceptibles d’appartenir à la culture Umm-an Nar y avaient été vues dès 2006 lors d’une première campagne de prospection. Ces dernières sont disséminées de part et d’autre d’un promontoire rocheux au somment duquel treize tombes de la période Hafit ont été vues.

La mission 2018 a pour objectif de débuter l’étude de cette nécropole par la fouille de l’une des cinq grandes tombes.

La fouille de cette nécropole, et l’étude du Khor en général, prend place bien dans la continuité du « Join Hadd Project » initié dès 1985 par Serge Cleuziou et Maurizio Tosi, et dont le but était de mieux comprendre l’intense réseau d’échanges qui s’est mis en place entre Oman et la Vallée de l’Indus durant le 3e millénaire (mis en évidence par la fouille des sites de RJ2 ou HD1). Ainsi, et plus généralement, ces nouvelles fouilles dans la région du Ja’alan contribueront à continuer à mettre en évidence le rôle de premier ordre qu’a joué le Sultanat d’Oman dans le commerce international de cette époque.

L’intérêt du présent programme relève de sa localisation elle-même : si la ligne de côte a fait l’objet de nombreuses investigations et est aujourd’hui bien comprise, le Khor al Jarama est pour sa part toujours resté en marge des programmes d’études. Il reste ainsi aujourd’hui totalement vierge de toutes documentations. Il est cependant évident, comme cela est le cas dans tous les contextes lacustres, que la présence de ressources halieutiques en grande quantité et faciles d’accès a dû conduire les populations a densément occuper et exploiter les environs du Khor al Jarama.

 

Problématiques de recherches

La fouille de ces tombes est intéressante à plusieurs titres.

La première apparait évidente puisque très peu de tombes de la période Umm-an Nar (2700-2000 av. J.-C) ont à ce jour été fouillées dans la Péninsule arabique. Ainsi, les pratiques funéraires de la période Umm-an Nar, qui couvre une période longue de sept siècles, ne sont connues à ce jour qu’à partir seulement d’une trentaine de tombes. Le principal objectif de cette fouille est ainsi de venir enrichir nos connaissances relatives aux populations, et à leurs pratiques funéraires, de cette période.

Dans un second temps, et considérant que ces tombes ne sont situées qu’à seulement une dizaine de kilomètres dans les terres, il est possible que ces dernières soient alors contemporaines des sites de Ras al Jinz et de Ras al Hadd. Si le modèle qui prime actuellement pour la période Umm-an Nar met en avant une proximité entre les tombes et les espaces d’habitats, rien n’interdit alors de supposer que les espaces de vie ne sont ici pas loin, et qu’il sera possible à terme de mettre en relation ces différents ensembles. Plus généralement, si les datations venaient à confirmer une appartenance de cette nécropole à la période Umm an-Nar (et éventuellement de l’habitat afférent si ce dernier venait à être mis au jour), cela permettrait enfin de participer à une meilleure compréhension du jeu d’échanges qui s’intensifie durant le 3e millénaire entre les espaces côtiers et l’intérieur des terres.

Participation d’Éveha International

Direction de projet et support matériel

PARTENAIRES

Ministry of Heritage & Culture of Oman

Institut des Déserts et des Steppes

Éveha International

Muséum National d’Histoire Naturelle (Paris)

Laboratoire VEPMO – CNRS UMR 7041 ArScAnCNRS