Sultanat d'Oman
Qalhât

Qalhât Project, 2008

La ville de Qalhât est au coeur d'un grand projet de mise en valeur qui s'accompagne de fouilles archéologiques, dont la responsabilité scientifique a été confiée à Axelle Rougeulle (CNRS, UMR8167 – Orient et Méditerranée).

Présentation des campagnes
(par année)


Direction

Axelle Rougeulle (CNRS, UMR8167 – Orient et Méditerranée)

Localisation et résumé historique

Le site de Qalhât se trouve à environ 50km au nord du Ra’s al-Hadd, le point le plus oriental de la péninsule arabique, à proximité de la ville actuelle de Sûr.

Mentionnée par différents chroniqueurs à partir du 12e siècle, la ville paraît avoir été fondée aux environs de 1100. C’est ce qu’indiquent plusieurs auteurs anciens, et c’est ce que semblent confirmer les premiers sondages stratigraphiques profonds.

Le site est immense, couvrant près de 35ha plus ou moins densément occupés, qui sont délimités par différents jeux de fortifications. La ville a manifestement connu un âge d’or au tournant des 13e et 14e siècles. Elle fait partie du royaume d’Ormuz et est alors administrée par le gouverneur Ayâz et son épouse Bîbî Maryam. Cette époque est notamment caractérisée par la construction d’un vaste complexe monumental près de la plage, au sein de la vieille ville. C’est là que se trouve la grande mosquée visitée par Ibn Battuta v. 1330, ainsi que, vraisemblablement, le palais du gouverneur. Qalhât est à cette époque un grand port de commerce international situé au cœur de réseaux commerciaux complexes, deuxième capitale du royaume d’Ormuz qui domine alors les voies maritimes dans l’océan Indien occidental. La très abondante céramique d’importation retrouvée sur le site donne une bonne image de ces réseaux : elle provient essentiellement d’Iran et du sous-continent indien, mais des pièces plus luxueuses sont originaires d’Extrême-Orient.

Dès la seconde moitié du XVe siècle, le port de Qalhât semble connaître un certain déclin, et c’est dans une cité en perte de vitesse que les Portugais font escale en 1507. L’année suivante, selon leurs témoignages, ces derniers massacrent les habitants de la ville, pillent les habitats et ruinent une partie des monuments. Même si l’ampleur de ces destructions a probablement été exagérée par les chroniqueurs, il n’en est pas moins vrai que le déclin de Qalhât est alors manifeste. Néanmoins, la ville est encore occupée et le port toujours actif : de la céramique extrême-orientale continue à y parvenir jusqu’à la seconde moitié du XVIe siècle. En réalité, la région n’a jamais été totalement abandonnée, et un village s’est implanté en dehors de l’enceinte, de l’autre côté du wadi, au cours de la période moderne. La ville fortifiée a par contre été largement désertée, simplement marquée par une occupation sporadique de type probablement pastoral.

Historique des recherches

Le site se présente comme un immense champ de ruines hérissé de rares monuments – le mausolée dit de BîBî Maryam – et des murailles. Dès le XIXe siècle, l’ancienne cité est évoquée par certains voyageurs et l’ensemble était partiellement connu grâce aux différents textes qui évoquent la ville. Mais l’organisation générale de la ville comme son histoire demeuraient largement inconnus. Il a fallu attendre 2003 pour que se déroulent les premières fouilles archéologiques.

Depuis 2008, un programme de recherches archéologiques, le Qalhât Project (QP), a été lancé à Qalhât par le Ministry of Heritage and Culture d’Oman, sous la responsabilité d’Axelle Rougeulle (CNRS-UMR8167) et dans le cadre des travaux de la commission des fouilles du Ministère des Affaires Etrangères. Le premier quadriennal s’est terminé en 2012 par une mission de pré-publication. En 2013, un nouveau projet quadriennal a été lancé dans ce même cadre institutionnel.

En parallèle à ce programme, un vaste projet de mise en valeur du site, le Qalhât Development Project (QDP), a été lancé en 2013 par le Ministry of Heritage and Culture d’Oman, sous la direction scientifique d’Axelle Rougeulle. Qalhât est en effet le plus étendu des sites archéologiques du Sultanat d’Oman et l’un des plus spectaculaires. Les autorités du pays ambitionnent donc d’en faire un pôle d’attractivité national et international. Le Projet comporte donc un volet de fouilles extensives et d’étude archéologiques, ainsi qu’un volet de conservation des bâtiments mis au jour. À terme, un centre d’interprétation devrait ouvrir sur le site.

 

Participation d’Éveha International

topographie
recherches archéologiques
photogrammétrie
études spécialisées
publication

PARTENAIRES

Ministère des Affaires étrangères, DGM (QP)

CNRS, UMR8167 – Orient & Méditerranée (direction, fouilles QP, études du matériel, études historiques, archéozoologie Labex ResMed) / UMR5133 – Archéorient (projet cartographique QP) / UMR8155 – CRCAO (études des importations extrême-orientales) / UMR7264 – Cépam (analyses des résines et résidus organiques)

UPMC, UMR7075 – LADIR Labex MiChem (études physico-chimiques des céramiques)

MNHN, UMR7209 – Archéozoologie, Archéobotanique : sociétés, pratiques et environnement (archéobotanique, ichtyologie)

World Monuments Fund (volet conservation QDP)

Total (mécénat projet cartographique QP)

Iconem (projet cartographique QDP)