Jordanie
Mission Archéologique du Sud-Est Jordanien (MASEJ)

©MASEJ

Eveha International participe à la Mission Archéologique du Sud-Est Jordanien, dirigée par Wael Abu-Azizeh (CNRS, Archéorient – UMR 5133) et Mohammad Tarawneh (Al-Hussein Bin Talal University, Pétra/Wadi Mussa). Cette mission est placée sous l’égide du Ministère des Affaires Étrangères et du Développement International.

Présentation des campagnes
(par année)


Direction

Wael Abu-Azizeh (CNRS, Archéorient – UMR 5133)

Mohammad Tarawneh (Al-Hussein Bin Talal University)

Localisation et résumé historique

Le programme scientifique de la Mission Archéologique du Sud-Est Jordanien (MASEJ) porte sur l’étude du développement de l’occupation humaine dans les marges désertiques du Proche-Orient, hors du « Croissant fertile », au cours de la Préhistoire récente (du Néolithique à la fin de la période du Bronze ancien). Bien que les régions de marges désertiques aient été considérées pendant longtemps comme totalement dépourvues de restes archéologiques, les recherches pionnières effectuées dans le Désert Noir de basalte du nord-est jordanien d’une part, ainsi que celles dans le Sinaï/Néguev d’autre part ont révélé une importante occupation humaine protohistorique. Ces travaux précurseurs ont abouti à l’élaboration de différentes hypothèses et théories, parfois contradictoires, notamment sur la question des origines et du développement du pastoralisme nomade dans les marges désertiques. Ce mode de subsistance reste jusqu’à nos jours le mode principal d’acquisition et de gestion des ressources animales dans ces régions. Alors que ces deux zones étaient considérées comme des « enclaves » quasi indépendantes en marge du « Croissant fertile », l’abondance des traces archéologiques identifiées lors des phases préliminaires de recherche dans le cadre de la MASEJ appelle à une profonde remise en cause des modèles interprétatifs proposés jusqu’ici.
Ce programme de terrain vise à exploiter le potentiel considérable du sud-est jordanien, une zone actuellement hyper-aride et reculée, pour une recherche globale sur le processus de Néolithisation dans les marges désertiques du Levant sud et sa diffusion dans la péninsule Arabique.
La MASEJ mène une recherche englobant les aspects socio-culturels, économiques, écologiques et paléoenvironnementaux qui ont pu interagir dans cette conquête de nouveaux territoires au cours de la Préhistoire récente.

Historique des recherches

La MASEJ a été établie en 2012 dans le cadre d’une coopération scientifique instaurée préalablement avec l’Institut Français du Proche-Orient (Ifpo-Amman) et la Faculté d’Archéologie de l’Université al-Hussein Bin Talal (AHU, Ma’an – Jordanie). Elle fait suite à l’étude préliminaire d’une micro-région, dans un secteur désertique totalement inexploré jusqu’alors (campagnes de prospections et de sondages archéologiques dans le secteur de Al-Thulaythuwat, 2007 et 2008). En 2012, la coopération avec l’AHU a pris une dimension scientifique plus large, donnant à la MASEJ sa forme actuelle, en s’attachant à l’étude des deux régions étendues que constituent la zone méridionale (Zone 1) et la zone orientale du bassin d’al-Jafr (Zone 2). La MASEJ effectue des campagnes de terrain de prospections et de fouilles archéologiques dans les deux régions, dans une approche à la fois complémentaire et comparative. Elle implique une participation de chercheurs locaux de l’université aux opérations de terrain.
Financée depuis 2012 par des appels d’offres successifs du CNRS ainsi que par l’AHU, la mission a pris depuis 2016 une dimension entièrement nouvelle, grâce au financement quadriennal obtenu du Ministère des Affaires Etrangères et du Développement International (MAEDI). Elle présente une dimension interdisciplinaire, grâce à une série de collaborations scientifiques internationales établies dans les domaines de la géo-archéologie et de l’étude environnementale, de la géographie, de l’archéobotanique, de l’archéozoologie, de l’anthropologie funéraire, ou encore de l’étude de la culture matérielle et du mobilier lithique. Dans sa nouvelle forme, qui permet de se projeter sur une période de quatre années de travail (2016-2019), la MASEJ et l’équipe interdisciplinaire qu’elle fédère constituent une structure solide pour développer une recherche sur les thématiques définies pour ce programme scientifique.
La diversité des types de restes structurels identifiés et étudiés par la MASEJ (traces d’occupation en campements plus ou moins temporaires, restes d’exploitation des ressources minérales, cairns et construction funéraires mégalithiques, structures de pièges pour la chasse d’animaux sauvages, …) permet l’étude d’une multitude d’aspects en lien avec cette conquête des territoires hors du « Croissant fertile ». Si c’est initialement sur les phases plus récentes du Chalcolithique et du Bronze ancien que l’accent était mis, avec la question de l’essor du pastoralisme nomade comme fil conducteur, les résultats obtenus récemment dans le cadre de la MASEJ ont permis de révéler l’existence d’une phase de développement local du Néolithique, qui faisait encore défaut pour cette région. Cette occupation, associée à un mode de subsistance très spécialisé en lien avec l’utilisation de mega-structures sophistiquées destinées à la chasse de masse (Desert Kites), met en lumière des trajectoires de développement jusqu’ici insoupçonnées dans le processus de néolithisation de ces régions.

Participation d’Éveha International

Fouilles archéologiques

PARTENAIRES

Ministère des Affaires Etrangères et du Développement International

Département des Antiquités de Jordanie

CNRS, Archéorient – UMR 5133

Université Lumière Lyon 2

Al-Hussein Bin Talal University (Pétra/ Wadi Mussa, Jordanie)

Institut Français du Proche-Orient