Egypte
Tanis

GoogleEarth / DigitalGlobe

En 2012, Éveha International a participé aux fouilles de Tanis dans le cadre de la Mission Française des Fouilles de Tanis (EPHE / MAE). En 2014, la collaboration a repris au sein d'un nouveau programme de recherches de la MFFT, désormais placé sous la responsabilité de François Leclère.

Présentation des campagnes
(par année)


Direction

François Leclère (PSL Research University Paris / EPHE Sciences religieuses, EA 4519 – Égypte ancienne : archéologie, langue religion)

 Localisation et résumé historique

 

Situé dans le Delta nord-oriental de l’Égypte, à environ 120 km du Caire, le tell de Tanis couvre une superficie de près de 180 hectares et culmine à une trentaine de mètres de hauteur, surplombant la plaine cultivée et la ville moderne de Sân el-Hagar.

 

Établissement dont l’existence ne remonte pas au-delà de la toute fin du IIe millénaire av. J.-C., Tanis devint sous les 21e et 22e dynasties (1069-730 av. J.-C.) le centre politique, religieux et funéraire du nord du pays, alors divisé par de graves troubles. La ville succéda à Avaris et Piramsès, anciennes capitales Hyksôs et Ramesside situées côte à côte à environ 25 km plus au sud, sur la branche voisine du Nil, comme nouvelle base portuaire méditerranéenne de l’Égypte. Détrônée à ce titre, à partir des 7e-6e siècles av. J.-C. par le port de Naucratis, au voisinage du nouveau foyer dynastique de Saïs, dans l’ouest du Delta, Tanis continua cependant à se développer aux époques suivantes et resta une agglomération importante jusqu’à l’époque romano-byzantine.

 

Les découvertes archéologiques permettent d’établir que Tanis fut vraisemblablement conçue dès l’origine comme une réplique de Thèbes de Haute Égypte, imitant la disposition géographique et architecturale de ses temples, dédiés à la même triade divine tutélaire – Amon, Mout et Khonsou. Ainsi, au nord du site, se trouvent les temples d’Amon et de Mout, en parallèle à ceux de Karnak, tandis que le temple d’Amon d’Opé, au sud, rappelle le temple de Louxor. Certaines différences avec le modèle thébain interviennent cependant. Le complexe de la nécropole royale, formé par les sépultures des souverains des 21e – 22e dynasties, se trouve de fait intégré à l’aire sacrée d’Amon. La découverte de cet ensemble en partie inviolé, au détour du second conflit mondial, est par ailleurs la plus importante de ce genre après celle de Toutankhamon. Le développement, au cours de l’histoire de Tanis, du culte et des temples d’Horus de Mesen, est une autre originalité de la localité.

 

La roche étant absente de cette région, la construction et l’aménagement des temples de Tanis se fit essentiellement au moyen de remplois de blocs, statues, obélisques et colonnes, provenant en majorité des villes voisines d’Avaris et de Piramsès. Mais la majeure partie des ruines est formée d’une impressionnante accumulation de constructions de briques crues, correspondant aux grandes phases successives de l’occupation de la ville jusqu’à l’époque byzantine.

 

Historique des recherches

 

Identifié à Tanis dès le 18e siècle, exploré et cartographié par les savants de l’Expédition d’Égypte, le site de Sân el-Hagar a été ponctuellement fouillé au cours du 19e siècle par des archéologues français et britanniques. À partir de 1929 et jusqu’en 1956, le site fait l’objet de fouilles régulières, sous la direction de Pierre Montet, professeur à l’université de Strasbourg puis au Collège de France. Plusieurs découvertes spectaculaires interviennent au cours de cette période, notamment celle de tombes royales en partie inviolées, dans lesquelles un riche mobilier a été mis au jour. À partir de 1965 succèda à la Mission Montet la Mission Française des Fouilles de Tanis (MFFT), créée au sein de la Section des Sciences religieuses de l’École pratique des hautes études, sous le patronage de l’Académie des Inscriptions et belles-lettres, et avec le principal soutien financier du Ministère des Affaires étrangères. Elle fut d’abord dirigée par son fondateur, le Professeur Jean Yoyotte, jusqu’en 1984, puis par Philippe Brissaud jusqu’en 2013.

 

À l’automne 2013, un nouveau projet de recherches de la MFFT, portant principalement sur la structure urbaine de l’agglomération et son environnement fluvial et lagunaire, mais aussi sur une reprise des études épigraphiques relatives à la Troisième Période intermédaire, a été lancé par François Leclère, qui assume désormais la responsabilité des opérations archéologiques sur le site.

Participation d’Éveha International

Topographie
Carottages archéologiques

PARTENAIRES

Mission Française des Fouilles de Tanis (École pratique des hautes études, Section des Sciences religieuses, EA 4519 — Égypte ancienne : archéologie, langue, religion, Centre Wladimir Golénischeff / Ministère des Affaires étrangères)

CNRS, UMR 8167 — Orient et Méditerranée, Équipe Mondes pharaoniques, Université de Paris 4

CNRS, UMR 5133 — Laboratoire Archéorient : Environnements et sociétés de l’Orient ancien, Maison de l’Orient et de la Méditerranée, Université Lumière, Lyon 2

CNRS UMR 7362 — Laboratoire Image, Ville, Environnement, Université Pasteur, Strasbourg

Instytut Archeologii i Etnologii Polskiej Akademii Nauk (Pologne)

Institut français d’archéologie orientale

Conseil suprême des Antiquités égyptiennes