Farasan

Éveha International is participating in the Farasân Islands Archaeological Mission (MIFA), a Saudi-French project to study the archaeological heritage of this archipelago located in the southeastern Red Sea of Saudi Arabia off the city of Jizān. The project is led by Solène Marion de Procé (Université Paris 1 / AnHiMA / LabEx Dynamite) and Muḥammad al-Malki (Heritage Commission).

How Eveha International Participates
Excavation

Localisation
Saudi Arabia

Localisation et résumé historique
L’archipel des Farasan se trouve dans le sud-est de la mer Rouge, à 40 km de la ville saoudienne de Jizân. Situées en un lieu stratégique, ces îles comportent de nombreuses ressources (eau douce souterraine, terres arables, faune terrestre et marine abondante) qui en ont fait une étape sur les voies maritimes.

À l’âge du Bronze récent, un important réseau de sites affiliés à la culture littorale de Ṣabr (au nord d’Aden) s’est développé sur l’archipel.
Au début du 1er mill. av. n.è. (900 – 600 av. n.è.), le royaume sudarabique de Sabaʾ entreprend de grandes campagnes d’expansion jusqu’aux hauts-plateaux de la Corne de l’Afrique et en Somalie orientale. Les sites farasānis attribuables à cette période témoignent d’une influence sabéenne (céramique, inscriptions, objets de culte) indiquant que l’archipel se trouvaient sur les itinéraires reliant alors l’Arabie à l’Afrique.

Le 1er s. de notre ère est marqué par un développement exceptionnel du commerce maritime en mer Rouge et par une hausse de la piraterie entreprise par des populations littorales de la péninsule Arabique. Pour contrer cette menace, l’empire Romain envoie un contingent militaire au 2ème s. sur l’archipel des Farasan afin de sécuriser le commerce dans cette partie de la mer Rouge. Cette présence, relativement courte, ne s’étend probablement pas au-delà de quelques décennies.

Dès 200, les Abyssins venus de la Corne de l’Afrique occupent la Tihāma (plaine littorale du sud-ouest de la péninsule Arabique). Des vestiges témoignent de cette occupation sur les îles Farasān, vraisemblablement ralliées aux Abyssins contre les souverains sabéens.
Au 4e s. après la conversion au judaïsme du royaume de Ḥimyar (sud-ouest de la péninsule Arabique) et l’adoption du christianisme dans le royaume d’Aksum (nord de la Corne de l’Afrique), des conflits font rage entre les deux puissances. Les îles Farasân christianisées apportent leur soutien logistique à Aksum vers 525 lors d’une campagne de représailles suite au massacre de populations chrétiennes au sein du royaume de Ḥimyar.

Historique des recherches
Un premier inventaire du patrimoine archéologique de l’archipel comprenant des sites datés de l’âge du Bronze à la période ottomane a été réalisé dans les années 1980 lors de grandes campagnes de prospections internationales menées dans tout le royaume.
Au début des années 2000, deux textes latins découverts sur l’archipel ont révélé l’établissement d’un contingent militaire romain au 2ème s., auparavant totalement ignoré. À la suite de ces publications, de courtes missions préliminaires ont été menées à l’initiative de François Villeneuve (Université Paris 1 – Panthéon Sorbonne, ArScAn UMR7041). À partir de 2013, des missions de prospections et de relevés ont permis d’enregistrer de nombreux sites dans les zones appelées Wādī Maṭar (sud-est de l’île principale) et Wādī Shāmi (nord-est de l’île principale). Dans la zone du Wādī Maṭar, l’équipe a entrepris l’étude du site WM2 comprenant une zone d’habitat, une zone cultuelle et une zone de production. Les vestiges révèlent une longue occupation du site (fin de l’âge du Bronze – Antiquité Tardive) avec deux phases principales : à la période sudarabique et au 2ème s.

Le Wādī Shāmi est la région nord-est de l’île principale. Dans cette zone inhabitée et difficile d’accès, aucun inventaire archéologique n’avait été réalisé. Les premières visites de cette région ont révélé une grande densité de sites, datés de la Préhistoire récente à la période islamique. Le Wādī Shāmi a notamment livré une nécropole comprenant des tombes chrétiennes jouxtant une nécropole musulmane associé à un site d’habitat (8-11e s.).

En 2018, la MIFA, soutenue par la Commission consultative pour les recherches archéologiques à l’étranger du ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères, est créée. Depuis, la mission poursuit son programme d’inventaire des sites de l’archipel et l’étude du site WM2. En 2021, l’équipe a entamé l’étude du site romain d’al-Quṣār, situé au sud-est de la ville moderne de Farasān et lieu de découverte de l’une des deux inscriptions latines.

Partners
Ministry of Europe and Foreign Affairs
Consulate General of France in Jeddah
French Embassy in Riyadh
Heritage Commission, Saudi Ministry of Culture
CNRS, UMR 7041, UMR 7264
CEFREPA – Kuwait
University of Paris 1 Panthéon Sorbonne
LabEx Dynamite
Sorbonne Lettres University / MEDEE project
Éveha International
Saudi private sponsor
Ministry of Education
Municipality of Farasān

The excavation campaigns (by year)