Pompei – Projet RECAP – 2016

Participation d’Éveha
Études et relevés des bâtiments
Formation

Localisation
Italie

Fondé sur une interprétation pluridisciplinaire des données archéologiques, le projet RECAP se propose d’éclairer les modalités pratiques de reconstructions et les techniques adoptées dans l’Antiquité à la suite d’un tremblement de terre (coordination H. Dessales, AOROC/ENS, UMR 8546). Dans l’histoire de la construction romaine, cette problématique a peu été abordée, alors qu’elle présente un réel enjeu pour comprendre le développement d’une architecture du risque et de l’urgence.
En 2016, la mission s’est principalement concentrée sur l’étude de l’édifice d’Eumachia (Reg. VII, 8, 1), site qui présente d’évidentes reconstructions. Ce vaste édifice (75 x 40 m) est installé à l’angle sud-est du forum et occupe une place centrale dans l’urbanisme de Pompéi. Dans le cadre de ce programme, un stage de formation à l’archéosismologie et à l’archéologie de la construction romaine, intégré à la formation en archéologie de l’École normale supérieure et à la formation en ingénierie civile de l’Università degli studi du Napoli, était associé sur le terrain à une session d’initiation théorique et pratique.
Pour enregistrer les informations, deux bases de données ont été développées (coord. A. Tricoche).

La base ACOR (Atlas des techniques de la COnstruction Romaine) a pour objectif de réaliser un atlas archéologique des techniques de construction post-simisques, associant contexte géographique et chronologique, dans un cadre étendu à Pompéi et sa région (notamment à travers les exemples de Cumes, Pouzzoles).

La base OPUR (Outil Pour Unité de Réparation) reprend et complète la base OPUS (Outil pour Unité Stratigraphique construite), développée en 2012 dans le cadre de l’étude de la villa de Diomède (coord. H. Dessales). Destinée à l’enregistrement des unités stratigraphiques caractérisant des réparations architecturales, la base OPUR a été testée sur l’édifice de Eumachia puis les enregistrements ont été étendus aux secteurs accessibles de la région VII (coord. G. Chapelin, Chr. Loiseau). A ces bases de données sont associées une analyse statistique des parements (coord. A. Milleville) et une approche cartographique sous la forme d’un SIG basé sur l’enregistrement des techniques de constructions observées et des interventions de reconstructions post-sismiques.

Afin de pointer les réfections consécutives au tremblement de terre de 63 ap. J.-C., une analyse archéologique a été menée sous la direction d’H. Dessales sur l’édifice d’Eumachia. Ce travail s’est particulièrement intéressé à l’étude des liens entre les murs du bâtiment, à l’identification des différents matériaux de constructions mis en œuvre, à l’analyse statistique des appareils maçonnés, à l’inventaire des techniques de construction (Base ACOR), au phasage des élévations et au repérage des réparations post-sismiques (base OPUR).

Parallèlement, une étude des décors de l’édifice d’Eumachia (peinture murale et décor en marbre, coord. Fl. Monnier et Chr. Loiseau), a permis d’étudier l’état de l’édifice au moment de l’éruption du Vésuve en 79 ap. J.-C. En complément de l’étude d’archéologie du bâti, une analyse structurelle des maçonnerie a également été réalisée (coord. G. De Martino).

Enfin, pour accompagner le travail des chercheurs, une couverture photogrammétrique de l’édifice d’Eumachia a été réalisée (coord. J. Ponce, réalisation J. Chemla).

Les résultats de cette première campagne permettent de mieux cerner l’étendue des réfections post-sismiques à l’échelle d’un édifice de Pompéi. Ils contribuent aussi à documenter, à l’échelle de la ville, l’impact du tremblement de terre survenu en 63 ap. J-C.

Campagnes