Kayrit

Depuis 2017, la Mission Archéologique Franco-Ouzbèke en Bactriane Protohistorique (MAFBAP), dirigée par Johanna Lhuillier (CNRS/Archéorient) et Shapulat Shaydullaev (Univ. d’Etat de Termez), explore l’Oasis de Kayrit située sur les piémonts des Kugitang Tau dans l’ancienne Bactriane (Ouzbékistan).

Participation d’Éveha
Fouilles archéologiques
Études de post-fouille

Localisation
Ouzbékistan

Localisation et historique des recherches 
L’Oasis de Kayrit se situe dans le district de Sherabad dans la province du Surkhan-Darya non loin de la frontière ouzbéko-turkmène. Cette frontière est démarquée par les monts Kugitang Tau, culminant à 3 139 m, débouchant sur un paysage de moyenne montagne dans la région de Pashkurt où se trouve l’Oasis de Kayrit. Les premières prospections dans l’Oasis de Kayrit ont été réalisées par l’équipe tchéco–ouzbèke de l’Université Charles, sous la direction de Ladislav Stančo et Shapulat Shaydullaev. Dès 2014, elle a identifié de nombreux sites allant de l’âge du Bronze à la période médiévale : tertres de pierres évoquant des kourganes, pétroglyphes associés aux cultures steppiques Andronovo, villages de l’âge du Fer ancien, amas de céramique etc. Entre 2015 et 2017, cette équipe a entrepris des fouilles sur les sites de Burgut Kurgan et Kayrit Tepa, caractérisés par des installations agropastorales fortifiées.
En 2018, la MAFBAP a repris les fouilles sur le site de Burgut Kurgan afin de mieux cerner son architecture et sa culture matérielle. Le plan général est ovale, avec des pièces contiguës placées contre le mur d’enceinte. Ce dernier est construit avec des fondations en pierre et une élévation en brique crue. Les vestiges témoignent d’au moins trois phases successives d’occupation et d’utilisation du mur extérieur, ce qui indique que le site a été habité sur une période assez longue. En 2018 et 2022, la MAFBAP a poursuivi les fouilles sur le site de Kayrit Tepa et ouvert plusieurs sondages du le site de Gaza Kutan, mettant en évidence sur ces deux sites la présence d’un mur d’enceinte en pierre et de quartiers d’habitat situés le long de ce mur. Ces fouilles ont été couplées à des prospections magnétiques et des sondages ciblés sur d’autres sites, notamment celui de Boyqushtepa, ainsi que sur des prospections de la région, l’étude extensive des réseaux d’irrigation, des analyses archéo-botaniques et de la production matérielle (céramique, outillage lithique) et un programme de datation, afin de mieux caractériser de nouveaux sites d’habitat de l’âge du Fer ancien.

Problématiques de recherche
La particularité de cette oasis est qu’elle abrite les seuls sites actuellement connus en Asie centrale à se trouver dans un contexte montagneux pour l’âge du Fer ancien ; les 300 autres sites sont exclusivement situés dans des plaines et des basses vallées. En plus d’être situés dans un contexte topographique et environnemental particulier, les sites de cette région ne semblent pas avoir été occupés à d’autres périodes, là aussi à la différence des sites contemporains. Cela permet de mettre au jour une stratigraphie claire et en conséquence de documenter exhaustivement cette période par le biais de diverses approches : l’étude des établissements et des habitats de l’âge du fer, l’étude de l’économie de subsistance et la caractérisation de la culture matérielle.

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