Tell Keila

Tell Keila, habité depuis l’âge du Bronze jusqu’au milieu du XXè s., est étudié depuis 2015 par une mission de l’Université de Montpellier 3
(Sylvie Blétry, mission de l’EA 4424 CRISES, puis du Labex Archimède et du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères)

Participation d’Éveha
Fouille Photogrammétrie
Co-direction d’un secteur

Localisation
Territoires Palestiniens

Localisation et résumé historique
Tell Keila est situé dans le Gouvernorat d’Hébron, dans les Territoires Palestiniens et fait partie des faubourgs ruraux de la petite ville de Beit Ula). Il recouvre une surface d’une dizaine d’hectares, sans compter les zones de nécropoles.
Le site est identifié avec la Qiltu des Lettres de Tell Amarna, puis avec la Qéïla de l’Ancien Testament (trois références), mentionné aussi dans deux manuscrits de Qumrân. Il est encore connu sous les noms de Killa/Echéla aux époques romaine (Flavius Josèphe) et protobyzantine (Eusèbe de Césarée, Sozomène). Il a été prospecté depuis le XIXe s. jusqu’à récemment, mais n’avait jamais été fouillé. La longue période de son occupation en fait un site particulièrement intéressant pour en saisir l’évolution ainsi que les multiples influences (cananéenne, judéenne, chrétienne, mamelouque) dont nous avons les témoignages.

Historique des recherches
La mission de l’Université de Montpellier 3, sous l’égide de la Direction des Antiquités de Palestine, s’est attachée à en dresser le plan topographique et à l’enrichir au cours des années à travers la prospection de ses nécropoles (une cinquantaine de tombes, creusées de l’âge du Bronze à la période romaine), des sondages ponctuels, et de la fouille de plusieurs secteurs. Tous étaient destinés à documenter les diverses périodes d’habitat, d’exploitation agricole, d’activités religieuses ou funéraires du site.
Il a été possible de reconnaître le tracé, quasiment sur tout le pourtour du Tell, d’un mur de fortification de blocs de moyen appareil de l’âge du Bronze, consolidé à l’âge du Fer par un glacis de pierres de tout venant, et de confirmer la présence, contre le mur d’une tour monumentale qui semble être unique. Les zones de nécropole attestent d’une occupation aux mêmes périodes.
Les périodes hellénistique et romaines sont illustrées par la réutilisation de certaines tombes, (et, pour certaines d’entre elles, encore à la l’époque protobyzantine). La découverte rare d’un autel inscrit en latin atteste la présence romaine, ainsi que celle d’un bâtiment d’exploitation rurale sur les pentes cultivables du Tell, confortée par plusieurs pressoirs à vin ou à olives.
Vers le Ve siècle., une église paléochrétienne pavée de mosaïque est implantée au Sud-est du plateau sommital, dotée d’un baptistère. Elle est recouverte par un nouveau sol, doté de mosaïques plus élaborées, au cours d’un état postérieur aux VIe- VIIe siècle. Pour l’une comme pour l’autre période, des dédicaces au sol manifestent la vigueur du culte chrétien.
L’église est recouverte à l’époque mamelouque par un nouvel habitat, révélé par des traces architecturales plus ténues mais bien attestées par de nombreuses céramiques des XIIIe- XIVe siècles. Des spolia, comme des fragments de colonnes portant des chapiteaux inscrits de croix pattées, servent au comblement des vestiges de l’église préliminaire à l’établissement du bâtiment médiéval.

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