Douch

Éveha International a participé à la mission de Douch Ayn-Manawir dont le projet était dirigé par Béatrix Midant-Reynes (IFAO).

Participation d’Éveha
Étude des qanats
Mise en place et gestion d’un SIG
Préparation de la publication

Localisation
Égypte

Localisation et résumé historique
Située dans le désert occidental égyptien à la latitude de Kôm Ombo, le site de Douch regroupe plusieurs zones d’étude. La zone centrale se trouve à l’extrême sud de l’oasis de Kharga, dans la province de la Nouvelle Vallée (al-Wadi al-Gedid). Les plus anciennes occupations remontent au paléolithique, même si les sites qui ont été mis en évidence sont très ténus (quelques foyers à pierres chauffées repérés en prospection).
Par la suite, à partir de l’époque épipaléolithique, des sites plus ou moins nombreux jalonnent les périodes récentes de la préhistoire. Ils sont souvent dans des états de conservation excellents, permettant des études très poussées.
Globalement, à partir de ces périodes, le climat de la région va s’aridifier de façon continue, conduisant à des concentrations de population autour des points d’eau, et diminuant donc la diversité des sites.
Au début des périodes historiques, à l’Ancien Empire, l’occupation humaine se poursuit, se concentrant encore un peu plus. Nous avons à ce jour principalement examiné des escales caravanières.
Les périodes suivantes (Moyen et Nouvel Empire) sont moins bien documentées et semblent correspondre à une période de relatif abandon de la région, sans doute du fait de la difficulté à obtenir de l’eau pour permettre une installation pérenne. Plus au nord, à proximité de la ville de Kharga, l’occupation humaine semble plus permanente durant ces deux périodes.
Il faut attendre la XXVIIe dynastie (première période de domination Perse sur l’Egypte), au 5e s. av. J.-C., pour voir l’homme se réinstaller durablement et de façon assez massive dans cette partie de l’oasis de Kharga. Ceci est rendu possible par la maîtrise d’une nouvelle technique d’acquisition de l’eau, à savoir les qanâts, ou plus précisément les foggaras. Il s’agit de galeries drainantes, creusées, dans le cas qui nous intéresse, dans une roche-magasin contenant de l’eau emprisonnée depuis la dernière période pluviale (équivalent de nos glaciations). Ces galeries permettent la sortie de l’eau par gravité simple, et donc l’irrigation de surfaces importantes de terre.
Cette technique va permettre à la région d’être assez richement développée au cours de l’ensemble de l’Antiquité, jusqu’aux 4e-5e siècle de notre ère. De nombreux et vastes greniers fortifiés jalonnent la région et en témoignent.
Par la suite, l’assèchement progressif des nappes suspendues va aboutir à un nouveau resserrement de population. Il faudra attendre le 19e siècle pour voir un nouvel afflux de population, avec le développement des moyens de pompage mécaniques. L’occupation humaine perdure ainsi jusqu’à nos jours.

Historique des recherches
La présence sur le site d’un grande temple romain en pierre conservé en élévation en a assuré la renommée dès le 19e siècle. Son exploration scientifique est toutefois bien plus tardive. Elle remonte au dernier quart du 20e siècle. En 1976, l’Égypte rouvre aux étrangers la possibilité de se rendre dans les oasis et les déserts. Serge Sauneron, alors directeur de l’IFAO, choisit de se fixer, entre autres, sur le site de Douch.
Les études se focalisent sur le tell associé au temple, lequel est inséré dans un fort ou grenier fortifié.
Après s’être concentrée sur le temple et ses nombreuses inscriptions, la mission va très vite se focaliser sur l’archéologie de la ville, entre des sondages – très localisés – réalisés dans le fort, et des fouilles plus étendues dans la ville elle-même (fouilles de Michel Reddé). En parallèle, de nouvelles études débutent, sous la conduite de Françoise Dunand, sur les nécropoles de cette bourgade, situées au pied du tell.
Des études géomorphologiques menées par Bernard Bousquet mettent en évidence, au début des années 1990, toute l’importance des qanats dans les établissements humains. Ce dernier met en évidence l’importance toute particulière du site d’Ayn Manawir, à quelques kilomètres à l’ouest du tell principal. C’est alors le début d’une nouvelle période riche en découvertes pour la mission, sous la conduite de M. Wuttmann. Le rôle joué par la période de la domination perse dans le développement de la région est alors mis en évidence.
La dernière phase de la mission débute au tournant des années 2000, toujours sous la conduite de Michel Wuttmann. C’est l’ensemble de la région qui est désormais exploré, de manière à pouvoir dresser une véritable carte archéologique. Cette phase est encore en cours.
De même, de nouvelles études sont en cours de démarrage sur les périodes historiques comme sur les périodes préhistoriques, afin de donner un nouvel élan à cette mission.

Partenaires
Institut Français d’Archéologie Orientale (IFAO)
Ministère égyptien des Antiquités (MoA)

Campagnes