Mebon occidental – 2015

Participation d’Éveha
Fouille archéologique

Localisation
Cambodge

La campagne de fouille qui a eu lieu du 20 avril au 20 mai 2015 s’inscrit dans le cadre de la quatrième année du projet de restauration du temple du Mébon Occidental. L’équipe était constituée de 16 personnes dont deux archéologues de l’Autorité APSARA et deux archéologues d’Éveha international.
Les fouilles se sont concentrées sur la partie orientale du temple (sondages 2300, 2400, 28000 et 29000), secteur devant être libéré rapidement de la contrainte archéologique pour des raisons d’avancement du chantier de restauration.

Les sondages 2300 et 2400

Ils sont implantés dans l’angle Nord-Est du temple, à l’extérieur, côté Baray. La problématique de ces deux secteurs complémentaires était de documenter les abords du temple, en particulier le gradin extérieur en grès découvert en 2013, et l’élévation de l’angle Nord-Est de l’enceinte en vue d’une restauration conforme à l’original.
A l’issue de la fouille, il est possible de confirmer la construction achevée du gradin extérieur en grès. Ce dernier établi sur des niveaux de remblai sablo-argileux était à l’origine constitué de 5 à 6 niveaux. La disparition d’une partie des fondations sous l’action du battement de la nappe phréatique a conduit à son affaissement (fig. 1). Par ailleurs, une importante portion de ce gradin a été démontée pour être probablement réutilisée sur d’autres chantiers de construction. Ce phénomène de récupération s’explique principalement par l’accessibilité des blocs, par la facilité du démontage (gradin en escaliers) et par l’aspect brut non mouluré de ces blocs.
L’élévation de l’angle Nord-Est du temple est plus complexe que le simple angle droit reconstitué par M. Glaize au Sud-Est. En effet, les proportions des blocs et la présence de motifs sculptés inédits indiquent que cette partie du temple est décorée de modénatures complexes et probablement surmontée d’un lotus.
Le mobilier céramique recueilli dans ces niveaux devrait permettre de préciser la période de construction et d’occupation du temple.

Le sondage 28000

Située au pied des gradins de la façade Est, à l’intérieur du bassin, l’emprise du sondage concerne la jonction entre la base des gradins et la chaussée axiale reliant l’enceinte à l’édicule au centre du bassin. Le but des fouilles était de comprendre le lien stratigraphique entre ces éléments architecturaux afin d’affiner la chronologie de l’ensemble.
Après démontage d’une partie de la digue (levée de terre) de la chaussée axiale, montrant les différentes phases de remblaiement de sa construction, est apparu un état antérieur, inconnu jusqu’ici. Un dallage de briques intact, percé de trou de poteau, avec six poteaux ou fragments de poteaux encore en place.
Ces poteaux alignés sur deux rangées de 4 poteaux, antérieurs à la construction de la chaussée, remettent en question la chronologie de l’ensemble architectural. Les bois ont été prélevés et attendent les résultats des analyses radiocarbones afin de dater précisément cet état antérieur de la construction.
Le dallage en brique de très bonne facture repose sur des niveaux de remblai très compact et est maintenu par un glacis composé d’au moins six assises de blocs de latérite taillés en biseau. Cette donnée permet d’envisager une profondeur du bassin bien plus grande que celle envisagée jusqu’alors : une valeur de l’ordre de deux mètres ne semble pas farfelue.
Très peu de matériel archéologique est issu de ce sondage à l’exception de quelques tessons résiduels (fig. 2 à 6).

Le sondage 29000

La coupe Ouest du sondage a notamment permis de compléter la documentation déjà enregistrée au niveau de l’enceinte du temple. Une digue de terre extrêmement compacte d’environ 6 mètres de large à la base et 2,6 mètres de haut constitue la base des fondations. Cet aménagement est constitué d’un sédiment argilo-sableux qui, une fois compacté, est étanche. Cette imperméabilité permet à l’eau du Baray d’entrer dans le bassin du temple tout en limitant son évacuation lors de la saison sèche. Ceci explique le fait que le niveau de l’eau du bassin soit souvent plus haut que celui du Baray (fig. 7).
Le gradin en grès se compose de 11 assises de blocs dont les dimensions standards sont de 90x50x45 cm ; des blocs plus petits sont toutefois utilisés pour combler les vides. Les blocs des deux assises inférieures du gradin sont disposés en boutisse, ceux des assises supérieures en panneresse. Cette élévation repose sur un remblai constitué d’une alternance de niveaux sableux roses meubles et de déchets de taille en grès issus de la finition des blocs nouvellement assemblés. A chaque nouvelle assise, les bâtisseurs ont donc ajouté un niveau sableux recouvert d’un niveau de déchets de taille issus de la finition des derniers blocs installés. La faible cohésion du remblai et la moindre portance des rangs supérieurs du gradin expliquent l’affaissement de l’élévation.
Côté bassin, les bâtisseurs ont ajouté un espace de circulation de 5,5 m de large au pied du gradin de grès. Cet aménagement est maintenu et protégé de l’érosion due aux fluctuations du niveau de l’eau du bassin, par un glacis composé d’au moins trois assises de blocs de latérite taillés en biseau. Le gradin en latérite et le dallage en brique de facture médiocre sont assez mal conservés.
Très peu de mobilier est issu de ce sondage (fig. 8), ce qui est logique puisqu’il concerne principalement des niveaux de remblai de fondation.

Campagnes