Farasan – 2022

Participation d’Éveha
Participation aux fouilles archéologiques

Localisation
Arabie Saoudite

La campagne 2022 s’est déroulée du 28 janvier au 1er mars 2022. Le travail a été organisé autour de trois volets : prospections à l’est d’al-Quṣār, fouilles sur le site Wadi Matar 2 et fouilles sur le site d’al-Quṣār.

Prospections
Le volet de prospections portait sur la zone située à l’est de l’oasis d’al-Quṣār. L’objectif était de relever les sites archéologiques et plus particulièrement d’identifier des sites contemporains de l’occupation romaine qui préciserait notre connaissance des stratégies d’occupation du territoire mises à l’oeuvre par le contingent romain. Cet inventaire devait aussi permettre de mettre en évidence des sites d’occupations de communautés sudarabiques contemporaines de la présence romaine. Plus d’une centaine de sites ont été enregistrés dont plusieurs attribuables aux premiers siècles de notre ère. De très nombreux amas coquilliers ont également été enregistrés (ceux-ci ont fait l’objet du programme ERC DISPERSE de l’université de York/Heritage Commission).

Fouilles
Les opérations de fouilles se sont concentrés sur le site de Wādī Maṭar où deux membres de l’équipe réalisaient des sondages de vérification à l’issue du premier quadriennal. Les sondages portaient sur la zone WM-2/B, une zone d’habitat où se sont succédées plusieurs occupations (âge du Bronze, période sudarabique ancienne, période antique) ; et sur le temple WM-2/C où les opérations se sont concentrées sur la partie nord de l’enceinte dont la datation est incertaine. Les résultats d’analyses C14 devraient permettre de déterminer la date d’érection de cette enceinte (âge du Bronze ou période antique).

Le reste de l’équipe œuvrait dans l’oasis d’al-Quṣār : une première campagne préliminaire menée en octobre-novembre 2021 avait mis en évidence des vestiges construits attribuables au contingent militaire romain. Les relevés topographiques des vestiges visibles et mis au jour ont été réalisés. Les fouilles ont révélé une succession de phases relativement proches dans le temps (le plan des bâtiments est globalement conservé pendant deux phases successives, chacune interrompue par un incendie apparemment généralisé). Les artefacts mis au jour dans les niveaux de la première phase reflètent la fonction militaire et l’origine méditerranéenne des occupants du site au 2ème s. Au 3ème siècle (sous réserve de datations C14), on observe une occupation caractérisée par un matériel en partie aksumite qui conserve en grande partie le plan des bâtiments de la première phase.

Trois secteurs différents ont été ouverts :
• plusieurs sondages ont été ouverts dans une place centrale du village abandonné. Deux archéologues d’Evéha International ont participé à la fouille du sondage méridional 11. Celui-ci a révélé une zone de circulation centrale qui desservait des pièces aux dimensions régulières (4,7 x 3,5 m) n’ouvrant que sur cette zone.
• Des sondages ont été effectués au sud de l’oasis d’al-Quṣār à 50 m de la place centrale afin de rechercher les limites du site. La mise au jour de plusieurs murs d’épaisseur et d’orientation identiques à ceux de la place centrale et aux techniques de constructions similaires ont permis d’établir une première délimitation du site vers le sud.
• À l’ouest, plusieurs sondages ont été réalisés. Les techniques de construction sont différentes et indiquent que cette partie du site desservait probablement une fonction différente. Cette zone constitue l’extrémité occidentale du site, avec vue sur le site de Wadi Matar 2.

Étude de matériel
En 2022, les restes fauniques issus des fouilles réalisées au cours du quadriennal qui s’achève (site Wādī Maṭār 2, secteurs WM-2/C et WM-2/B) ont été étudiés par un archéoichtyologue et un archéozoologue.
Au cours de la mission, le mobilier céramique du WM-2/B (sondages 21 et 22) a été étudié et devrait clarifier la typochronologie de l’âge du Bronze récent et du début de la période sudarabique grâce aux datations C14. Les briques cuites découvertes à Farasān ont été inventoriées de sorte à en dresser une typologie qui permettra d’identifier des pâtes et des mesures spécifiques à différents usages.

Étude des techniques d’extraction et de taille de pierre
Enfin, une étude des techniques de taille de pierre a été menée par deux spécialistes sur la carrière identifiée à l’est de l’oasis d’al-Quṣār et sur les blocs remployés dans le village moderne (désormais abandonné) d’al-Quṣār.

Campagnes