Direction
Dr. Christophe Sévin (Éveha International)
Participation d’Éveha
Direction du projet
Localisation
Sultanat d’Oman

La première campagne de fouilles sur le site de Wadi Hasid a mis en évidence un site de hauteur avec une architecture complexe composée de structures dispersées sur les pentes de la colline.
Le monument principal mesure 32 mètres de long et 7 mètres de large. De forme allongé, il est situé au sommet d’un promontoire rocheux de 100 mètres de long sur 60 mètres de large et est entouré par un grand nombre de structures circulaires qui pourraient être des habitations.
Cette première campagne a concerné un structure interprété comme une « tour » située au nord du monument, ainsi qu’une cellule circulaire située dans la pente sud de la colline.
À la fin de cette première campagne de fouilles, au moins trois phases d’occupation ont été observées sur ce site.
La première phase, qui correspond certainement à la construction du monument, remonte au début de l’âge du Fer. Elle est matérialisée ici par un dépôt funéraire situé dans la tour. Ce dépôt consiste en un individu adulte, encore en cours de fouille, placé en position contractée et accompagné d’ornements caractéristiques du début de l’âge du Fer. La datation par bioapatite a donné une datation comprise entre 1258 et 1022 avant J.-C ., venant donc confirmer cette période.
Une deuxième phase d’occupation a été détectée sur ce site. Celle-ci est indiquée par la datation effectuée sur un fragment d’os humain découvert dans le remplissage de l’une des cellules circulaires situées sur la pente du site et fouillée cette année (st. 3). La datation obtenue se situe entre 50 avant J.-C. et 114 après J.-C., ce qui confirme que le site, ou du moins ses environs, était encore fréquenté durant cette période. Cependant, cela ne date pas la construction et l’utilisation de cette cellule, dont l’architecture, liée à la structure du bâtiment principal, atteste de sa contemporanéité avec ce dernier pendant le début de l’âge du Fer. Les futures fouilles devraient permettre de comprendre les modalités de construction du site, dont l’architecture semble complexe, incluant de la pierre sèche, de l’argile par endroits comme liant, et probablement aussi un système de toiture en bois.
La phase finale d’occupation observée sur ce site correspond à une période tardive, aux VIe et VIIe siècles après J.-C., entre 578 et 654 après J.-C. Cela concerne la réutilisation de la tour à des fins funéraires, caractérisée par le dépôt d’un homme adulte plus haut dans le comblement. Malgré un pillage évident de ce dépôt, attesté par la grande dispersion des ossements, les études anthropologiques ont déterminé que sa position initiale était contractée.
Enfin, il convient de noter que de petites structures circulaires ont été observées tout autour du site. Elles n’ont pas encore été testées et fouillées à ce jour, mais le matériel dispersé autour d’elles, notamment de la céramique et des outils en silex, correspond à des périodes anciennes, notamment l’âge du Fer, ainsi qu’à des périodes plus récentes. Ces structures devront être fouillées l’année prochaine pour déterminer leur fonction et leur datation.
Bien qu’il ait été possible de commencer à comprendre la chronologie de ce site, qui devra être encore clarifié lors des prochaines campagnes de fouilles, il n’a pas été possible en revanche de comprendre la fonction de ce dernier : jouait-il un rôle défensif ? Était-il un monument polarisant, une résidence aristocratique autour de laquelle un établissement s’est développé, comme en témoignent les structures observées autour du site ? Ou bien s’agissait-il d’un site à vocation cultuelle ?
Les missions futures devront s’efforcer de répondre à cette question fondamentale concernant la fonction de ce site à l’échelle locale et régionale.








