Direction
Catherine Marro (CNRS, Laboratoire Archéorient, UMR 5133)
Veli Bakhshaliyev (Académie Nationale des Sciences d’Azerbaïdjan)
Participation d’Éveha
Fouille archéologique
Topographie SIG
Localisation
Azerbaïdjan

Présentation de la campagne 2014
La mission s’articule autour de trois pôles : une reprise des travaux sur le site de Kültepe I, fouillé dans les années 1950 et 1960, afin de préciser la stratigraphie qui n’a été publiée que de façon extrêmement synthétique. La fouille se concentre sur les premières phases d’occupation du site, remontant au Néolithique, mais aussi sur la transition Chalcolithique / Kuro-Araxe.
Un autre pôle, axé sur l’archéo-métallurgie, s’est focalisé cette année sur le site de Zirinçlik. La fouille de ce site de pente qui avait livré à la prospection un intéressant matériel en lien avec une activité proto-métallurgique (moules de haches, scories…), s’est néanmoins avérée assez décevante, le site étant très fortement érodé. La fouille de Zirinçlik fait aussi partie d’un 3e pôle de recherche, centré sur l’étude des sites de transhumance de la région du Sirab, dans le cadre duquel on a procédé par ailleurs à la fouille du campement de Sorsu.
Le site de Duzdagi, sur lequel Éveha International intervient en la personne de Thierry Gonon, responsable des opérations de terrain sur ce vaste site, a encore concentré un gros effort cette année. Plusieurs sondages ont été ouverts, poursuivis ou terminés cette année.
Ces sondages se trouvent dans deux secteurs différents : tout d’abord, à l’ouest, la Fenêtre 2 (sa partie basse plus précisément) où la Mission archéologique du Bassin de l’Araxe concentre ses travaux de fouilles depuis 2011 ; ensuite, afin d’aborder l’étude des structures minières dans différents types de formation salifère , nous avons lancé cette année des travaux dans la partie centrale de la Fenêtre 4, à environ 500 m au nord des précédentes zones. Dans ce secteur des accès aux chantiers souterrains nous semblaient prometteurs.
Dans la Fenêtre 2, nous avons mis en évidence, à peu de distance les unes des autres, plusieurs techniques extractives, correspondant, selon les premiers éléments, à des variantes plus ou moins synchrones. Dans ce secteur où les exploitations se sont essentiellement faites à l’air libre, l’érosion rapide du sel a largement masqué les traces d’outils, éléments essentiels des études techniques menées dans le cadre des travaux d’archéologie minière.
Le puits M7 tout d’abord, point de fouille le plus méridional, est un puits simple, tout à fait vertical, profond d’environ 4 m, pour un diamètre à peu près régulier de l’ordre du mètre. Les traces d’outils sont assez pauvres, du fait d’un lessivage intensif des parois. Cependant, il semble probable qu’elles soient le résultat d’un travail à l’outil de pierre, donc très ancien (kuro-araxe ou âge du fer). La mine M1, au nord de cette zone, concentre quant à elle 2 techniques extractives différentes, révélant dans ce cas une chronologie relative. Tout d’abord, à l’ouest, là où la dalle de sel était affleurante, les premiers exploitants de la montagne, à la période kuro-araxe, ont réalisé une exploitation « en casquette ». Ces exploitations en « casquette » ainsi que l’exploitation en puits demeurent des extractions de relativement faible ampleur.
Ensuite, durant l’Âge du Fer, l’exploitation se développe à l’est de celle que nous venons de mentionner : la surface d’exploitation du sel a été protégée de l’érosion par une colluvion puissante, mesurant plusieurs mètres. Ce colluvionnement a sans doute été un processus très rapide. L’exploitation se fait alors en détachant sur une vaste zone plane des dalles de sel épaisses de 5 à 10 cm. Ces dalles, qui semblent avoir eu des dimensions relativement standardisées ont sans doute fait l’objet d’une commercialisation.
La Fenêtre 4 a livré les premiers véritables vestiges souterrains anciens. Il s’agit d’un ensemble de porches coalescents exploitant toute la puissance du banc de sel (soit environ 2 à 3 m), se développant sur une vingtaine de mètres. Ces zones extractives, de plus grande ampleur que ce que nous avions rencontré jusqu’alors, ont été en majeure partie exploitée à l’outil de pierre. Seule la zone centrale a fait l’objet d’une reprise récente, à la poudre. Là encore, il semble que nous soyons en présence d’une extraction qui a standardisé ces produits, sans doute dans un objectif de commercialisation. Le porche le plus septentrional a fait l’objet d’un sondage qui a livré par chance un tesson, datable de la période kuro-araxe, ainsi qu’un petit foyer, que nous allons dater par radiocarbone. La fouille de la zone de l’entrée a livré un matériel assez original : une paire de chaussures de corde. La encore, nous attendons les résultats d’une analyse radiocarbone. Cette zone très intéressante sera étudiée plus en détail au cours de la prochaine campagne…






