Direction
William Van Andringa (Université Lille III – CNRS, UMR 8164 – HALMA-IPEL)
Participation d’Éveha
Recherches archéologiques
Localisation
Italie

Depuis 2008, une équipe pluridisciplinaire travaille sur le temple de Fortune Auguste, implanté à proximité du forum de Pompéi. Ce projet est placé sous la direction de William Wan Andringa, Professeur à l’université de Lille III, et fait intervenir des chercheurs et des étudiants d’horizons variés.
Des fouilles ciblées ont fourni énormément d’informations relatives à l’histoire du quartier. Les premières traces d’occupation y sont assez tardives, pas antérieures au IIIe siècle av. J.-C. Plusieurs transformations sont ensuite attestées avant que n’intervienne la construction du temple à la toute fin du Ier siècle avant notre ère. Ce chantier ne marque pas la fin des entreprises édilitaires : de nombreux remaniements ont été reconnus pour la période qui s’échelonne de l’achèvement du projet initial à l’éruption du Vésuve. Ces transformations interviennent au sein du temple lui-même, mais surtout dans ses abords immédiats.
En ce qui concerne le temple et son enveloppe architecturale, l’étude minutieuse du bâti ainsi que la réalisation d’un certain nombre de sondages permettent de se faire une bonne idée de la manière dont il a été construit. Il a pu être démontré que le terrain avait été en partie décaissé avant la construction du monument, et que le haut podium sur lequel se dresse l’édifice cultuel était constitué d’une série de caissons voûtés. Au sommet de ce podium, les nombreux creusements et traces d’outils qui ponctuent la dalle en béton du pronaos comme de la cella sont de précieux témoignages de l’organisation et du déroulement du chantier de construction. Dans les maçonneries, de nombreux éléments renseignent sur l’agencement du décor : ainsi notamment des plaques de mortier ou des nombreux petits trous destinés à accueillir les éléments métalliques qui maintenaient les dalles de l’opus sectile ou les encadrements des niches.
Quelques éléments de corniches, d’architraves à trois fasces ou bien encore des chapiteaux corinthiens parvenus jusqu’à nous sous la forme de disjecta membra aident à se faire une idée du décor architectural d’origine. À cet ensemble, il faut également adjoindre d’autres vestiges conservés dans les réserves de Pompéi ou au musée de Naples, parmi lesquels des chapiteaux de pilastres, mais aussi des statues et des inscriptions plus ou moins complètes qui permettent de se faire une idée plus précise de ce décor tout en fournissant des informations sur la dédicace du temple, sa chronologie ou bien encore l’identité de l’évergète.
À partir de tous ces éléments, une reconstitution virtuelle du quartier et de ses évolutions, et plus particulièrement du temple est en cours d’élaboration.
Les missions du printemps et de l’été 2013 étaient consacrées à la préparation de la publication, prévue pour 2014. Elles ont été l’occasion d’approfondir les observations de terrains, mais surtout de poursuivre ou d’achever les études des nombreux spécialistes engagés dans ce projet : archéozoologue, carpologue, céramologues, architectes, historiens de l’art, archéologues du bâti, pétrographe… Les synthèses archéologiques ont été entamées et le travail de rédaction a par ailleurs considérablement avancé à cette occasion.





