L’île de Saï conserve d’innombrables vestiges archéologiques témoignant d’occupations humaines du Paléolithique à l’époque moderne.
Depuis les années 1950, des équipes d’archéologues français contribuent à leur étude. Sous la direction de Vincent Francigny (CNRS, UMR 8167 Orient & Méditerranée) depuis 2015, la mission actuelle porte principalement sur la ville fortifiée d’époque pharaonique et sur plusieurs nécropoles méroïtiques.
Direction
Vincent Francigny (CNRS,
UMR 8167 Orient & Méditerranée)
Participation d’Éveha
Fouilles archéologiques
& post-fouille
Localisation
Soudan
Localisation et résumé historique
L’île de Saï émerge du Nil dans le nord du Soudan, à environ 200 kilomètres de la frontière actuelle avec l’Égypte, frontière qui n’a guère évolué depuis cinq millénaires. Par cette position stratégique, l’île a joué un rôle important dans l’histoire de la Nubie. Elle abrite une multitude de vestiges archéologiques sur son territoire, qui s’étend sur 10 kilomètres du nord au sud et sur 4 kilomètres d’ouest en est.
Les premières traces de présence humaine remontent à 300 000 ans, et plusieurs niveaux d’occupations paléolithiques ont été identifiés. Le Mésolithique et le Néolithique sont représentés par des sites d’habitats.
La civilisation Kerma (2500 – 1500 av. J.-C.) s’illustre par une immense nécropole tumulaire comportant plusieurs milliers de sépultures, qui se développe d’est en ouest dans la partie sud de l’île. Certains des tumuli marquant les inhumations mesurent jusqu’à 40 mètres de diamètre, indiquant la présence d’une importante élite locale.
L’île devient une colonie égyptienne au début du Nouvel Empire (vers 1500 av. J.-C.). Une ville fortifiée, comprenant un temple dédié au dieu Amon, est construite. Les représentants de l’administration égyptienne se font enterrer sur l’île, dans des sépultures à caveau collectif. Ces structures sont souvent réutilisées à la période napatéenne (début du VIIIe– première moitié du IIIe siècle av. J.-C.), période qui est également documentée par un cimetière situé au sud-ouest de la ville.
Cinq nécropoles d’époque méroïtique (milieu du IIIe siècle av. J.-C. – milieu du IIIe siècle ap. J.-C.) ont été identifiées sur l’île. Des blocs épars témoignent aussi de l’existence d’un temple érigé au Ier siècle sous le règne du roi Natakamani et de la Candace Amanitoré. Son emplacement n’a pas encore été déterminé.
La période suivante, qualifiée de “post-méroïtique”, a également livré des sépultures. L’île de Saï devient un évêché au milieu du VIe siècle et les ruines d’une église et de bâtiments annexes y sont encore visibles. Après la période chrétienne, les Ottomans s’installent sur l’île, au XVIe siècle, et établissent une garnison dont les fortifications reposent sur les vestiges de la ville pharaonique.
Historique et problématique des recherches
Une mission archéologique française existe sur l’île depuis 1954. Elle est d’abord dirigée par Jean Vercoutter, qui deviendra par la suite le premier directeur du service des antiquités du Soudan. Il réalise, au cours de plusieurs campagnes, un important travail de dégagement sur la ville pharaonique implantée sur la côte est de l’île. Plusieurs missions françaises, intégrant parfois des collaborations internationales, ont depuis mené des programmes de recherches portant sur diverses périodes.
La mission actuelle, dirigée depuis 2015 par Vincent Francigny, concentre son travail de terrain sur la fouille de la ville pharaonique et médiévale et de deux nécropoles édilitaires méroïtiques, tout en étudiant et complétant les données issues des décennies précédentes.
Parallèlement aux campagnes de fouilles archéologiques, un musée de site est en cours de construction. Il permettra aux habitants de l’île et aux visiteurs de passage de découvrir l’histoire de Saï à travers les âges. Un important programme de protection des sites est également mis en place, afin de préserver le patrimoine inestimable de Saï.
Partenaires
Orient & Méditerranée (CNRS UMR 8167)
https://www.orient-mediterranee.com/
Section Française de la Direction des Antiquités du Soudan
National Corporation for Antiquities and Museums
Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères
Faculté de médecine de Marseille – Unité d’anthropologie (CNRS UMR 7268 ADES)
University of Central Florida – Department of Anthropology

