Khor al Jarāma – 2020

Participation d’Éveha
Direction de projet et support matériel

Localisation
Sultanat d’Oman

Cette troisième campagne de fouille sur le site de Khor Jarama a permis de mettre au jour une tombe de très grande taille associée à trois fosses localisées autour de cette dernière.

La tombe prend la forme d’une structure circulaire en pierre sèche, mesurant 6,7 m de diamètre pour 1,35 m de hauteur, et ceint à sa base par une couronne de pierre formant une corolle sur son pourtour.
Au centre se trouvait la chambre funéraire à laquelle on accédait très vraisemblablement par le sommet. Trois phases de dépôts successifs ont été mises en évidence pour lesquelles les datations bioapatites ont donné une chronologie s’étirant de la fin du Néolithique jusqu’à l’âge du Fer final.
La première utilisation, liée à la construction de la tombe, est ainsi datée de la fin du Néolithique, entre 3360 et 3103 cal. BC.
Une seconde réutilisation de la chambre funéraire intervient quelques siècles plus tard et est datée pour sa part de la période Umm an-Nar, entre 2476 et 2306 cal. BC.
Enfin la dernière utilisation de la chambre, qui se caractérise par une réoccupation opportuniste près de deux millénaires plus tard, est datée entre 388 et 206 cal. BC. Elle correspond au dépôt d’un individu en position contractée, situé sur le sommet du comblement de la tombe, et associé à un pic en fer (une dague ou une petite épée très probablement).

Deux des fosses situées autour du monument, dans sa partie ouest, ont également livré des éléments très intéressants.
La première de ces deux fosses, qui a certainement été en grande partie pillée, a permis de mettre au jour un petit vase glaçuré provenant de Basse-Mésopotamie et datant de la période séleuco-parthe (3ème/2ème siècle BC), et associé à un élément en fer dont la nature et la fonction n’a pas pu être déterminé. En suivant un strict protocole plusieurs échantillons de terre ont été prélevés au sein de ce vase qui était percé sur sa panse afin de réaliser des analyses physico-chimiques. Ces analyses seront réalisées l’année prochaine dans le but de donner une indication sur le contenu de ce probable vase à libation.
La principale découverte de cette année reste cependant le dépôt d’un équidé dans la dernière fosse. À ce jour, il apparaît qu’aucune autre tombe d’équidé n’ait été mise au jour à Oman.
Cette tombe a été datée également par bioapatite entre 347 et 56 cal. BC, et peut ainsi être associée avec le dernier dépôt à l’intérieur de la chambre funéraire. Cela pourrait ainsi témoigner des funérailles d’un cavalier et de la mise à mort de sa monture destinée à l’accompagner. Cette observation donne également à cette nécropole une importance toute particulière puisque cette pratique a été également observée sur les deux prestigieux sites contemporains de Mlheia et de Ed-Dûr aux Emirats Arabes Unis. Ce sont là-bas des dromadaires, ainsi que deux chevaux sur le site de Mlheia, qui ont été découverts déposés dans des fosses selon les mêmes modalités et dans des positions strictement similaires au cas observé à Jarama.
Une étude complète de l’équidé mis au jour à Jarama sera conduite afin de déterminer l’espèce de l’animal (cheval, âne ou mulet), mais également de comprendre les modalités de mise à mort et de dépôt de l’animal dans la tombe.

Finalement, afin de confirmer la datation de la tombe 1 fouillée en 2018 et datée du Néolithique, une nouvelle datation bioapatite a été réalisée lors de cette campagne. La datation obtenue, entre 3510 et 3339 cal. BC, confirme ainsi la date précédente et le fait que cette tombe monumentale a bien été construite à une date très ancienne durant le Néolithique, dans la seconde moitié du 4ème millénaire av. J.-C.

Campagnes