Direction
Aline Tenu (CNRS – UMR 7041 ArScAn)
Participation d’Éveha
Analyses archéozoologiques
Fouille archéologique
Topographie SIG
Localisation
Irak

La neuvième campagne de fouilles à Kunara a eu lieu du 19 septembre au 26 octobre 2023. Le travail s’est poursuivi sur les quatre chantiers ouverts pendant la huitième campagne (2022) : chantier A, en ville haute, B, C et E en ville basse. A l’exception du chantier C, tous ont livré des vestiges appartenant à la période principale d’occupation de Kunara, la période V (ca. 2200-2100 aec).
Chantier A (Christine Kepinski)
Le bâtiment monumental (1105) a continué d’être dégagé vers le nord. De nouvelles portions des murs US 12 et US 66 ont été mises au jour alors que les pièces 1130 et 1133 sont maintenant connues sur toute leur surface.
Chantier B (Aline Tenu)
Deux secteurs ont été ouverts. Le premier a permis de poursuivre l’exploration de la pièce L. 755 du bâtiment B. 715. Le comblement volontaire, qui y est moins régulier que dans la pièce voisine L. 742, s’est accompagné de dépôts fauniques importants. Dans le second secteur (B5) ont été mis au jour les prolongements (772 et 774) vers le nord-ouest des murs 702-130 et 703-134, montrant que B. 712 mesurait au moins 37 m d’est en ouest.
Chantier C (Barbara Chiti)
Au nord-ouest du chantier, la fouille du bâtiment B. 883 de l’âge du Fer s’est poursuivie, mais ses limites nord, ouest et sud ne sont pas encore connues. Au nord, des structures en pierre (1021, 1029), un sol (893) et un niveau de fréquentation (1020 appartenant à la période IV (vers 2000 aec) ont été découverts. Les limites de la pièce L. 858 du bâtiment B. 862 (période V) sont désormais connues. La pièce a livré un riche matériel, dont des vases de cuisine, de l’outillage macro-lithique et des scellements.
Chantier E (Florine Marchand)
La fouille a porté sur trois pièces du bâtiment B. 659. Sur les sols des pièces L. 930 et L. 942, on a mis au jour dans une épaisse couche de tessons des blocs d’argile fine, probablement de l’argile à tablettes, ainsi que des barillets (L. 942) et des scellements très érodés (L. 930). La pièce L. 944, dégagée que sur une petite surface, était vide matériel.
Étude céramologique (Juliette Floquet et Imane Achouche)
Quarante US, pour l’essentiel datées de la période V, ont été étudiées. L’analyse du sol 940 de la pièce L. 930 (chantier E) a révélé un nombre minimal d’individus de 90. L’étude a par ailleurs montré la grande homogénéité de certaines formes et décors et la singularité de corpus du chantier A qui se caractérise par de la céramique fine.
Étude archéobotanique (Carolyne Douché)
Quarante-six échantillons, issus des quatre chantiers ont été étudiés. Les taxons sont communs aux quatre chantiers, mais le type de reste diffère. Les analyses révèlent la présence de céréales (blé amidonnier, orge vêtue à deux rangs et avoine), de lin et de pépins de raisin. L’alimentation était complétée par des légumineuses, lentilles et pois chiche, ces derniers étant rarement en contexte archéologique.
Étude archéozoologique (Michaël Seigle)
2150 restes, majoritairement de la période V, provenant des quatre chantiers et mis au jour en 2022 et 2023 ont été étudiés. La faune domestique prédomine et les profils d’abattage des caprinés montrent un élevage orienté vers la production de lait et de laine. La faune sauvage présente une grande diversité. Outre des vertèbres de poisson découvertes dans la fraction lourde de flottation, des restes de gazelle, de renard, de castor, un squelette complet de belette, des oiseaux (dont une mandibule complète d’oie cendrée) et des invertébrés, notamment des moules d’eau ont été mis au jour. Sur chantier B, le bâtiment B. 715 a livré 43 chevilles de mouflon, 2 de chèvre égagre, 9 portions de bois de cerf et une patte postérieure de lion encore en connexion ont été mis au jour dans ou juste au nord de B. 715.
Topographie et création d’un SIG (Arnaud Watel)
Outre les relevés topographiques, Arnaud Watel a créé un SIG pour l’ensemble des chantiers et des campagnes réalisées sur le terrain depuis 2012. L’intégration des données a commencé avec les plus récentes, issues des chantiers encore en cours de fouilles.






