Banbhore – 2014

Participation d’Éveha
Fouille archéologique

Localisation
Pakistan

La campagne archéologique 2014

La mission de Banbhore s’est poursuivie en 2014 avec un nombre de participants restreint, limitant de ce fait les possibilités d’intervention. Toutefois, d’importants résultats sont apparus.

Deux sondages archéologiques ont été réalisés en janvier et février 2014.

Le premier a été effectué dans la partie centrale, la plus élevée du site (13,50 m.), en bordure d’un mur de partition interne, délimitant deux espaces – est et ouest – au sein de la citadelle. Il devait permettre d’établir les liens chronologiques entre l’une des tours de ce rempart intérieur et les différentes occupations urbaines, antérieures et postérieures à sa construction. Longeant le pied de ce rempart intérieur, une anomalie de relief suggérant l’existence d’un axe de circulation majeur a été sondée, permettant de mettre au jour une probable voie nord-sud bordée de bâtiments, 8 mètres sous la surface. La datation de ces différents aménagements reste à préciser.

Le second sondage, implanté dans la partie ouest de la citadelle, a permis de mettre au jour un bâtiment islamique d’un type bien particulier et dont plusieurs exemplaires ont été repérés en surface, à proximité. Leur configuration générale est a rapprocher d’édifices interprétés comme des entrepôts. D’une surface interne de 80 m² environ, ce bâtiment était construit sur les vestiges d’occupations et de constructions islamiques antérieures, réutilisant un de leurs murs.

Il apparaît que ce type de construction est clairement à mettre en relation avec des activités économiques. On relèvera notamment la présence de nombreux fragments de moules à alvéoles destinés à la production de flans monétaires. La datation du matériel céramique associé livre une fourchette allant du XIe au XIIIe siècle, ce qui invite à rattacher ce bâtiment aux derniers temps de l’occupation de Banbhore.

Sous les fondations de l’entrepôt et des occupations sporadiques qu’il avait recouvertes, les couches, en pentes et contrepentes, souvent cendreuses, contenaient toujours du matériel islamique, mais en stratigraphie inversée. On en a conclu que, du IXe aux Xe-XIe siècle, la pente, en limite sud des habitats fouillés l’année précédente, avait servi de décharge, les céramiques les plus tardives se trouvant an contrebas et en avant de céramiques plus anciennes.

Sous ce dépotoir, indiquant probablement la limite sud de l’occupation islamique dans ce secteur, les murs d’une construction de moellons surmontés de briques crues (11 ? x 2,50 mètres interne) a été mis au jour, reposant en partie sur un mur de pierre de 1. 40 m de large- épaisseur double des murs ordinaires à Banbhore et d’orientation perpendiculaire. Ces structures, découvertes dans les derniers jours de la campagne, n’ont pu être datées ni interprétées. Elles se prolongeaient cependant dans le sondage stratigraphique profond, où elles reposaient sur des couches archéologiques sassanides et kushanes, interprétées comme des dépôts portuaires ayant subi des modifications géomorphologiques au cours des siècles. La nature de ces couches laisse supposer la présence d’un rivage proche. Il s’agit donc d’un secteur stratégique pour les recherches futures et la localisation des activités portuaires pré-islamiques de Banbhore.

Campagnes