Direction
Pierre-Louis Gatier (CNRS, UMR 5189 – HISOMA)
Participation d’Éveha
Topographie SIG
Localisation
Liban

Au cours de la campagne d’octobre 2011, les travaux engagés sur les différents secteurs du parc archéologique de Tyr se sont poursuivis.
Dans la partie nord du site se dressent les ruines d’une ancienne église connue sous le nom de «cathédrale des Croisés », conservée pour l’essentiel jusqu’au XIXe siècle. Dégagé – et en partie remonté – à l’occasion des grandes fouilles menées par les autorités libanaises dans les années 1960, ce monument a fait l’objet de nouvelles recherches. Celles-ci visaient à mieux caractériser son architecture et à identifier les annexes qui fonctionnaient avec. Mais, plus généralement, c’est également l’évolution du quartier dans lequel l’église est venue s’insérer que les derniers travaux se sont efforcés de préciser. Les sondages réalisés cette année ont confirmé que le site avait été utilisé au cours de la période fatimide, le matériel céramique datant les débuts de cette occupation des Xe-XIe siècle. C’est donc sur un secteur déjà bâti qu’a été érigée l’église chrétienne. Ceci démontre que la chronologie du secteur est plus complexe que ce qui avait été auparavant envisagé, certains auteurs modernes supposant que l’église avait été construite à l’emplacement d’un secteur resté abandonné depuis la période byzantine.
Dans la partie sud de la vieille ville, trois grands ensembles monumentaux avaient été individualisés lors des grandes opérations archéologiques réalisées entre 1946 et 1975 sous la houlette de l’Émir Maurice Chebab. Il s’agit tout d’abord d’un ensemble thermal à proximité duquel se trouve le «bâtiment à gradins », un complexe monumental à la fonction mal déterminée. Entre ces deux pôles monumentaux, une rue était censée passer. Toutefois, dès avant cette année, la reprise du dossier archéologique avait permis de démontrer que ce qui avait été initialement conçu comme un groupe de constructions distinctes n’appartenait en réalité qu’à un seul et même gigantesque complexe thermal auquel était associée une vaste salle basilicale. La chronologie de cet ensemble comme celle du quartier dans lequel il est venu s’implanter n’est pas encore bien établie mais elle s’éclaircit à mesure que progressent les travaux archéologiques.
Les sondages stratigraphiques ont ainsi permis d’identifier des occupations de la période hellénistique. Mais c’est surtout la chronologie du complexe thermal qui a pu être précisée, même si la date de construction du noyau originel n’est pas encore parfaitement établie. La fouille de différentes canalisations appartenant au complexe thermal démontre que ce dernier a connu une profonde modification au début du Ve siècle. C’est alors qu’il atteint des proportions gigantesques, englobant les trois entités énumérées précédemment. Par la suite, au cours du VIe siècle, le complexe est à l’inverse fortement réduit et certaines parties semblent hors d’usage : c’est le cas pour une partie des salles chaudes et tièdes. Enfin, l’ensemble est finalement totalement abandonné dans le cours du VIIe siècle si l’on en croit les datations fournies par le matériel céramique.
En parallèle à la réalisation de ces sondages, différents spécialistes ont continué à travailler sur l’analyse du matériel archéologique, qu’il s’agisse de la céramique ou bien encore des matériaux lithiques. Le corpus des inscriptions se poursuit. Enfin, les architectes et le topographe oeuvrent de conserve afin de compléter et amender le plan général du site mais aussi pour relever les découvertes anciennes et récentes de la manière la plus précise possible.












