Direction
François Leclère (PSL Research University Paris / EPHE Sciences religieuses, EA 4519 – Égypte ancienne : archéologie, langue religion)
Participation d’Éveha
Carottages archéologiques
Topographie SIG
Localisation
Égypte

La réalisation du nouveau programme de recherches de la Mission française des fouilles de Tanis mis en place en 2014 a été poursuivie au printemps 2015. La collaboration d’Éveha International a de nouveau porté sur les opérations de topographie (Sébastien Poudroux) et de carottages archéologiques (Thierry Gonon). Sur le plan topographique, il s’agissait d’assurer le suivi des différents types de prospections mise en œuvre : implantation de carroyages et d’axes sur le tell et dans les champs environnants, destinés aux prospections géophysiques, céramologiques, et géo-archéologiques, géo-référencement des résultats obtenus. Des mesures prises sur les échelles limnimétriques encore en place en bordure du canal principal actuel traversant la ville actuelle de Sân el-Hagar, le Bahr Saft, ont par ailleurs permis de vérifier la cohérence et l’exactitude de l’altimétrie produite au moyen du GPS utilisé — l’absence de modèle de géoïde égyptien jusqu’à présent nous contraignant provisoirement à calculer nos mesures en fonction du géoïde mondial (EGM 2008).
Des tests de géo-référencement et de redressement d’anciennes vues aériennes par cerf-volant dans le secteur du temple de Mout se sont montrés tout à fait encourageants pour topographier, à l’avenir, des secteurs entiers du site par photogrammétrie. Des séries de mesures ont également été prises en vue de mettre à jour le plan général du site en courbes de niveaux, la topographie ayant sensiblement évolué notamment aux bordures nord et ouest du tell depuis la réalisation initiale de ce document en 1984-1985 (nouvelles voies de circulation, enclos de protection, nouveaux magasins des antiquités, etc).
À la suite du grand transect nord-sud de carottages archéologiques à la tarière manuelle, réalisé en 2014 à travers le tell, un deuxième transect a été réalisé en 2015 d’ouest en est, d’un bord à l’autre du site, à travers la partie nord de l’aire sacrée d’Amon et les hautes collines dites du Gharib Sân. Comme précédemment, le profil du substrat naturel sableux (gezira) a été mis en évidence sous les couches archéologiques. La combinaison des résultats de ces carottages et du profil de la surface actuelle du tell a permis de restituer une nouvelle section sommaire du tell. En dehors de la zone du temple d’Amon, où la surface de la gezira, relativement élevée, est partiellement perturbée par d’importants aménagements architecturaux et d’anciennes fouilles, cette coupe a non seulement mis en évidence la présence probable d’anciennes étendues d’eau à l’est à l’ouest du site mais a également confirmé que les hautes collines du Gharib Sân sont exclusivement constituées de niveaux anthropiques sur plus d’une vingtaine de mètres d’épaisseur, témoignant de la densité et de la continuité de l’occupation urbaine dans ce secteur tout au long de la longue histoire de la ville.
Des carottages du même type mais à vocation proprement géomorphologique ont également été réalisés sur le site dans la zone basse au nord de l’aire sacrée d’Amon et à l’est des collines du Gharib Sân, et dans les champs environnants à l’est et au sud-est du site. Ils ont permis de confirmer l’existence de plusieurs unités hydrographiques anciennes (lagune, chenaux fluviaux).
Les opérations de prospections géophysiques engagées en 2014 ont également été poursuivies : test de magnétométrie Césium dans les champs à l’ouest du site, extension de la prospection magnétique Fluxgate au nord-est de l’aire sacrée d’Amon et des collines du Gharib Sân, sections de résistivité électrique à l’extrémité sud de la partie principale du tell et dans les champs au sud de la ville actuelle de Sân.
La prospection céramologique commencée en 2014 dans la zone centrale du tell a été étendue à l’ensemble du secteur couvert en 2014 par la prospection magnétique, permettant de confirmer les datations supposées des différents quartiers détectés et de repérer de nouveaux ensembles d’ateliers de potiers.
Sur le plan épigraphique et égyptologique, l’analyse paléographique des inscriptions a été achevée dans la tombe du roi Chéchanq III, tandis que l’étude des blocs provenant de tombes privées de la 21e dynastie et remployés dans ce monument est en voie d’achèvement. Divers autres monuments, blocs et fragments de statues, de la Troisième Période intermédiaire ont également été étudiés, à l’aune de réaménagements dans les magasins du site, ainsi qu’au musée du Caire.



