Gabies – 2014

Charles-Édouard Sauvin (archéologue, responsable de la supervision de l’équipe)

Aurora Taiuti (archéologue, responsable de la logistique et du mobilier)

Participation d’Éveha
Restitution architecturale
Topographie SIG

Localisation
Italie

Pour l’essentiel, la campagne de 2014 s’est portée sur des zones déjà partiellement dégagées l’an passé, mais la surface a été légèrement agrandie : au total, 290 m² ont été explorés. Il est désormais possible de retracer plus précisément l’évolution générale du secteur.

Dans la partie méridionale, quelques murs et autres aménagements témoignent d’une première urbanisation intervenue au cours des IVe-IIIe siècles av. J.-C. (M 11, M 30, M 24…).

Entre les IIe et Ier siècles av. J.-C., le sanctuaire de Junon Gabina connaît la phase de monumentalisation commune à d’autres sanctuaires du Latium (Fortuna Primigenia à Préneste, Hercule Victor à Tivoli…). Des murs en grand appareil de pierre de Gabies sont alors érigés en partie nord de la zone fouillée (M1 et M4) pour la construction du bâtiment d’angle sud-est du sanctuaire. Une voie orientée borde ce bâtiment sur son flanc sud. Elle marque une séparation avec un bâtiment encore plus au sud. Cette trame générale va se maintenir par la suite, moyennant des transformations qui affectent autant le sanctuaire que l’habitat.

Dès la période augustéenne, des murs puissants en opus caementicium sont installés dans le bâtiment d’angle et forment des caissons remplis de remblais, peut-être pour l’installation d’une terrasse supérieure. Dans le courant du IIe siècle, un large accès équipé de portes sur crapaudines est ouvert sur la voie dans le mur sud du bâtiment d’angle du sanctuaire. Ce dernier est en partie réorganisé – installation d’un sol couvert de grandes dalles en pierres de Gabies, construction ou réfection d’un escalier – tandis que le bâtiment implanté au sud de la voie est toujours en fonction. Le centre de Gabies, groupé autour du sanctuaire, reste actif.

Au cours du IIIe siècle, le sanctuaire connaît une phase de déclin, toute activité édilitaire semble suspendue. La voie est-ouest cesse d’être entretenue.

Entre la fin du IIIe et le IVe siècles, les monuments sont progressivement démantelés et spoliés. Ce quartier de la ville et le sanctuaire associé sont progressivement délaissés. Pour autant, l’occupation n’est pas interrompue, elle change simplement de nature : peu de temps après, la zone est utilisée à des fins funéraires. Une partie des sépultures repérées en 2013 ont été fouillées au cours de cette campagne. Cette nécropole correspond à l’ultime phase d’occupation de ce secteur de la ville qui est ensuite progressivement transformé en terrain agricole.

Campagnes