Gabies – 2016

Steve  Glisoni (Inrap)

Participation d’Éveha
Restitution architecturale
Topographie SIG

Localisation
Italie

La campagne de fouille 2016 sur le site de Gabies (régions Roma et Lazio) s’est déroulée du 27 juin au 29 juillet, avec la participation d’une vingtaine d’archéologue : la mission, organisée et dirigée par le musée du Louvre, a bénéficié de l’encadrement d’un membre de l’Inrap, de l’appui de contractuels d’Éveha International et de l’aide de bénévoles. L’opération est organisée en étroit partenariat avec la Surintendance archéologique de Rome.

L’emprise de l’intervention n’a fait l’objet que d’une faible extension par rapport à 2014. Le travail s’est concentré sur les zones déjà dégagées dans le but d’obtenir des séquences stratigraphiques complètes : seuls les secteurs au nord de l’emprise de 2013 ont été ouverts, la réouverture du secteur sud étant prévue pour une session ultérieure. Le travail a donc porté sur le bâtiment en opus quadratum à l’angle sud-est du sanctuaire, l’espace de circulation qui le borde au sud et l’entrée du bâtiment méridional qui s’ouvre sur cette voie.

Ainsi, dans le bâtiment d’angle du sanctuaire, un sondage en quarts opposés a été pratiqué entre les murs en opus caementicium qui s’appuient contre les murs en grands appareil du bâtiment, divisant ce dernier en « caissons » emplis de remblais. Le sondage dans le caisson A1 – le plus au sud – a permis d’apprécier la puissance stratigraphique du remblai : il a été mis en place entre le Ier s. av. J.-C. et le début du Ier s. ap. J.-C. Ce sondage a occasionné la découverte d’un pilier isolé semblable à celui mis au jour en 2014 dans le caisson A2 (au nord).

Au nord-ouest de l’emprise, les couches de démolition observées en 2013 ont été en partie dégagées, mais une extension de l’aire de fouille sera nécessaire pour comprendre de quelle structure elles proviennent. À l’est du bâtiment en grand appareil, le dégagement des niveaux de démolition étudiés lors de la précédente campagne s’est poursuivi, confirmant un mouvement d’éboulement de blocs monumentaux provenant entre autre de la terrasse supérieure. Toutefois, les blocs éboulés ont dû être en grande partie récupérés, voire retaillés sur place. Ce niveau a fait l’objet d’une couverture photogrammétrique numérique afin d’en obtenir une modélisation 3D.

L’hypothèse selon laquelle ces blocs éboulés sont tombés sur la voie nord-sud, déjà reconnue au nord le long du sanctuaire et au sud le long de l’espace public fouillé au XVIIIe siècle, a trouvé sa confirmation.

En effet, une extension du décapage sous le chemin actuel a permis de mettre au jour l’angle sud-est du bâtiment en grand appareil et, par là même, le carrefour entre cette voie nord-sud et la voie est-ouest. Un premier sondage a été effectué sur la voie nord-sud, laissant apparaître, sous les niveaux tardifs et d’abandon, un niveau de dallage en blocs de basalte. Quant à la voie est-ouest, il a été décidé de poursuivre sa fouille en conservant une coupe témoin, et en préservant ses différents états selon un système de sondage en escalier. Il a ainsi été possible non seulement d’en identifier les différentes phases (de la fin du IIème s. av. J.-C. au IIIème s. ap. J.-C.), mais aussi d’atteindre le substrat de tuf.

Parmi le mobilier découvert lors de la fouille de 2016, signalons des éléments de sculptures (la partie supérieure d’un pilier hermaïque acéphale ; un Éros vêtu d’une nébride chevauchant un hippocampe, appartenant vraisemblablement à un groupe statuaire…), des fragments de figurines en terre cuite dont des restes de moules attestant la présence d’ateliers près du sanctuaire, et une tessère nummulaire, objet particulièrement significatif dans un contexte de sanctuaire.

En 2014, en plus des travaux généraux de topographie (relevés topographiques denses, enregistrement par orthophotos, modélisation photogrammétrique…), un relevé MNT (Modèle Numérique de Terrain) avait permis de préciser la formes et les dimensions d’une partie de la supposée cavea. En 2016, les travaux de relevé ont concerné l’extrémité sud-ouest de l’hémicycle, afin de tenter de reconnaître un type d’installation similaire au bâtiment d’angle sud-est, objet de la fouille actuelle, ce qui pourrait permettre d’orienter les futures implantations de sondages archéologiques. Une étude architecturale des blocs provenant de cette zone est en cours. Les objectifs de la campagne 2017 viseront à prolonger l’étude de la voie nord-sud et du carrefour avec la voie est-ouest, à déterminer les relations entre celle-ci et le bâtiment installé le long de sa bordure sud, et, après l’évacuation des blocs de grand appareil, à mieux cerner le rôle du bâtiment d’angle et les modalités d’accès au sanctuaire.

Campagnes