Gabies – 2017

Participation d’Éveha
Restitution architecturale
Topographie SIG

Localisation
Italie

Au mois de juillet 2017, la quatrième campagne de fouille programmée sur le site de Gabies (région de Rome et du Latium) s’est déroulée sous la direction du musée du Louvre en collaboration avec la Surintendance archéologique de Rome. Elle a été encadrée par un membre de l’Inrap, lui-même assisté de contractuels d’Éveha International et de bénévoles, notamment du Service archéologique de la ville de Lyon et de l’école du Louvre.

Cette année, l’emprise de fouille a été nettement étendue, vers l’ouest et le sud, et a atteint les 500 m². Cet agrandissement était nécessaire pour pouvoir répondre aux trois objectifs privilégiés pour cette campagne. Le premier consistait à compléter les informations acquises précédemment sur les aménagements de la rue est-ouest (VO 1). Le deuxième devait permettre de dégager plus amplement le bâtiment (UA 2) prenant place au sud de la voie, afin d’en cerner un peu plus l’extension. Quant au troisième, il résidait dans l’ouverture d’un nouvel espace à l’ouest de l’UA 1, afin d’avoir une première vision des vestiges de ce secteur du sanctuaire de Junon Gabina, potentiellement en lien avec la cavea et un éventuel bâtiment théâtral.

Au sujet de la rue est-ouest, si son trottoir nord ne semble pas se prolonger au-delà des vestiges déjà découverts, en revanche, un long tronçon de son trottoir sud a pu être dégagé. Il apparaît être de la même facture que les premiers éléments mis au jour auparavant, mais présente un aspect légèrement curviligne en direction du nord-ouest et prend fin peu avant l’actuelle berme ouest du chantier. Cette variation d’orientation pourrait s’expliquer par l’antériorité de la mise en place de la voirie comparée aux travaux de monumentalisation du sanctuaire au IIe s. av. J.-C., qui auraient alors engendré une modification de son tracé. L’étude du bâtiment sud (UA 2) pourrait étayer cette hypothèse. En effet, les pièces de ce dernier donnant sur la rue suivent nettement plus l’orientation du premier état supposé de la voirie que celle du complexe sacré.

Le décapage plus extensif de ce bâtiment sud a permis par ailleurs la mise au jour de deux nouvelles pièces à l’ouest, ayant toutes deux un accès sur la rue, ainsi que le dégagement presque complet d’une pièce attenante vers le sud, déjà partiellement appréhendée en 2014. Les opérations de fouille à proprement parler de ce bâtiment se sont concentrées sur son couloir d’entrée et sur la première pièce lui étant contiguë vers l’ouest, dans laquelle prenait place une sépulture tardive traitée en 2014.

La plus grande avancée de cette campagne concerne l’angle sud-est du sanctuaire. Le mur méridional a été dégagé sur plus de vingt mètres supplémentaires, occasionnant notamment la reconnaissance d’un nouveau contrefort. Juste au nord de celui-ci, une large fondation en L, doublée d’un ressaut, probablement liée à deux autres fondations de piliers ou de colonnes, ont été mises au jour face à l’empreinte en hémicycle visible dans le relief actuel. Il pourrait s’agir des vestiges d’un bâtiment de scène.

L’extension de la zone occidentale de la fouille a enfin occasionné la découverte de la sépulture d’un immature, avec lequel deux perles en pâte de verre et de trois bullae métal ferreux ou alliage cuivreux ont été déposées. Il pourrait avoir été inhumé entre le VIe et le IIIe s. av. J.-C.

Les éléments mobiliers remarquables recueillis cette année comprennent le mobilier d’accompagnement du jeune défunt, un fragment de statuaire en marbre et deux fragments figuratifs de plaque de type Campana, ainsi que de nombreux fragments d’enduit peint polychrome.

Des analyses micromorphologiques sont actuellement en cours afin de caractériser précisément les niveaux antérieurs à la construction du sanctuaire monumental. De même, les résultats d’une prospection géophysique menée dans le secteur à l’ouest de notre zone de fouille et sur la terrasse du temple sont attendus.

L’évolution architecturale de l’angle sud-est du sanctuaire étant globalement cernée, la campagne 2018 visera essentiellement à caractériser le bâtiment sud et à confirmer ou infirmer son statut de domus, en réalisant une extension de l’emprise de fouille vers le sud et l’est.

Campagnes