Hegra – 2016

Participation d’Éveha
Fouille archéologique

Localisation
Arabie Saoudite

Présentation

La huitième campagne de fouille de la mission franco-saoudienne de Hégra, dirigée par Laïla Nehmé (CNRS), François Villeneuve (Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne) et Daifallah al-Talhi (Université de Hâil) s’est déroulée du 17 janvier au 5 mars 2016. Cette année, la mission avait quatre objectifs principaux :  

– la poursuite de la fouille du camp de la garnison romaine découvert en 2010, étudié depuis lors et fouillé depuis 2015 ;

– la poursuite de la fouille de la porte sud-est de la ville, sur le rempart ;

– la poursuite des fouilles du seul grand sanctuaire clairement identifié à l’intérieur de la ville ;

– la fouille d’un bâtiment de nature encore incertaine, public ou résidentiel peut-être, accolé à ce sanctuaire.

La collaboration d’Éveha International s’est focalisée sur le seul secteur du sanctuaire intra muros. Ce dernier, fouillé depuis 2010, occupe le sommet d’un massif en grès et son élément principal est un tétrapyle entouré d’une cour et d’un muret. L’accès à la plate-forme se faisait depuis le nord-ouest au moyen d’une entrée monumentale marquée par deux piliers et d’un escalier qui a été largement détruit ou érodé.

En l’état actuel des connaissances, cet ensemble est interprété comme étant un sanctuaire consacré au culte du Soleil, sans doute le dieu principal des Nabatéens, Dûsharâ.

Il est vraisemblable que le sanctuaire était à l’origine circonscrit par un mur d’enceinte, un péribole, comme dans de nombreux autres exemples de temples nabatéens. Afin de l’identifier sur le terrain, il a été décidé de réaliser un décapage extensif de la zone située à l’est du massif en grès. Ce travail s’est accompagné de quelques sondages, dont un jusqu’au rocher, qui a mis en évidence plusieurs phases d’ occupation entre le Ier et le IVe siècle ap. J.-C. Un long mur, suivi sur près de 40 m de long, longeant la zone fouillée au sud, pourrait être le mur de péribole recherché.

Au pied du massif en grès, la fouille, conduite jusqu’au rocher, a montré que le premier état, à la fin du Ier siècle av. J.-C., correspondait à l’installation d’une citerne nabatéenne qui pourrait être contemporaine du sanctuaire. Dans le dernier état, au IVe ou Ve siècle, d’imposants bassins en pierre ont été aménagés au pied du massif, qui servait sans doute de bassin de collecte. Ils doivent être associés à une activité domestique ou artisanale nécessitant la présence de grandes quantités d’eau. Dans les phases intermédiaires, des murs et un puits – ou puits-citerne – ont été construits dans ce secteur qui a donc toujours entretenu un lien étroit avec des activités hydrauliques.

Campagnes