Pegarinhos – 2024

Participation d’Éveha
Fouilles archéologiques

Localisation
Portugal

Le site de Trás do Castelo à Vale de Mir – Pegarinhos (Portugal) se trouve dans la vallée du Douro, en bordure d’un plateau granitique. Les nombreuses campagnes réalisées sur ce site depuis 2012 ont permis de dégager un établissement agricole mis en place à la fin du Ier s. ap. J.-C. et abandonné dans la seconde moitié du IIIe s. Les vestiges mis en évidence se rapportent à une exploitation rurale mêlant différents types d’activités : élevage, traitement des céréales, travail du textile (probablement du lin) et production vinicole. Cette dernière reste unique dans cette région, à cheval entre deux provinces (Tarraconaise et Lusitanie), puisqu’elle constitue la plus vieille attestation avérée dans la vallée du Douro. Il s’agit probablement de la partie économique d’un établissement de type villa. Le site est réoccupé durant le IVe s. soit en réutilisant certains espaces de l’ancienne exploitation, soit en créant de nouveaux bâtiments de nature plutôt frustre. L’une des particularités de cette occupation est la découverte de cinq petits dépôts monétaires que l’on peut interpréter comme des bourses. Les campagnes 2022 et 2023 ont permis de documenter cette seconde occupation avec la découverte de trois petits espaces contigus, établis sur un flanc granitique, dont la particularité est d’avoir livré un abondant mobilier de différentes natures : céramiques, objets métalliques, verre, éléments de parure et surtout monnaies. Une seconde séquence a également été observée ; elle est matérialisée par la découverte de deux lampes à huile en terre cuite complètes. Une fonction cultuelle est pour le moment envisagée. L’enquête en toujours en cours.

La campagne 2024 avait trois objectifs. Le premier était d’étendre vers le nord la fouille afin de comprendre mieux les modalités de l’occupation dans cette partie du site. Un grand espace (probablement ouvert) à plan trapézoïdal a ainsi été mis en évidence. Il est équipé au sud de deux espaces géminés. Appartenant à la première occupation, la fonction de ces aménagements.

Le second objectif était de dégager deux espaces situés à l’ouest du site découverts lors de la campagne de 2019. Les contraintes techniques n’ont pas permis de fouiller l’intégralité de ces pièces. Toutefois, des traces d’une activité métallurgique ont été décelées. Il a été décidé de laisser les sédiments des sols pour une fouille future plus adaptée avec un protocole spécifique.

Quant au dernier objectif, il concernait la fouille des fosses charbonneuses observées en 2023. Ces structures, situées dans la partie méridionale du site et qui ont livré du mobilier daté de la fin du Ier s. ap. J.-C., sont probablement liées au chantier de construction du premier établissement.

La campagne 2024 a aussi été l’occasion d’avancer sur l’étude de l’important dépôt monétaire découvert en 2022 et 2023 par Rodolphe Nicot (Éveha). L’étude a été bien avancée, grâce en partie au travail accompli par un stagiaire en numismatique, Vincent Vieux-Champagne (Master 1 à l’Université de Lyon 2) : plus de 800 espèces ont bénéficié d’un nettoyage fin au pic en bambou suivi d’un léger brossage. À ce jour 433 monnaies ont été complètement inventoriées et photographiées. Enfin, 1000 unités restent à nettoyer et pas moins de 1500 monnaies à traiter.

La campagne de fouille 2024 n’a pas été aussi prolifique que les deux précédentes. Onze spécimens de monnaies ont été mis au jour cette année : certains ont été retrouvés dans les tas de déblais lessivés par les pluies et les vents et sont à rattacher aux deux importants lots 2022/2023. Les autres découvertes ont été réalisées dans les espaces fraichement fouillés. Leurs datations précises ainsi que leurs mises en contexte interviendront assez rapidement afin de les inclure dans le rapport, permettant ensuite de se plonger à nouveau dans l’important lot 2022/2023.

Pour finir, il convient de signaler que l’ensemble des meules et du lapidaire, découverts lors des différentes campagnes, a fait l’objet d’une étude par Alexia Desbos (Éveha).

Campagnes