Kunara – 2016

Participation d’Éveha
Fouille archéologique
Topographie SIG

Localisation
Irak

La campagne 2016 sur le site de Kunara s’est déroulée durant six semaines de septembre à octobre. Les fouilles se sont poursuivies dans les trois chantiers (B, C et E) ouverts en 2015.

Sur le chantier E, il est apparu que les soubassements de pierre que nous avions interprétés comme des cloisons ou des aménagements du bâtiment monumental dont l’existence avait été révélée par la présence d’un long mur massif dessinaient en fait une petite maison. Celle-ci couvre à peine 26 m2 et comporte trois pièces. Elle a livré un abondant matériel céramique qui témoigne de la diversité des activités domestiques à la fin du IIIe millénaire. L’un des principaux apports de la campagne 2015 sur le chantier B était d’avoir montré que plusieurs bâtiments avaient été implantés orthogonalement, selon un plan préconçu. En 2016, nous avons choisi de poursuivre le dégagement du bâtiment principal auquel on accédait par une chaussée aménagée. L’entée, marquée par un seuil monolithique donnait accès sur une vase pièce en chicane. Il était d’autant plus aisé de contrôler les entrées dans ce bâtiment qu’une pièce située juste à côté de l’entrée permettait d’abriter la garde. Deux autres pièces dont une partiellement fouillée ont été reconnues. Les données 2016 confirment que le bâtiment connut au moins trois phases d’utilisation.

Sur le chantier C, la fouille du niveau 2 s’est également poursuivie. Dans la cave qui avait livré huit tablettes en 2015, une trentaine d’autres tablettes et fragments ont été mis au jour. Les documents sont très endommagés et peu d’entre eux comportent encore de la surface d’écriture. Il s’agit cependant de tablettes provenant de la même archive, le « bureau de la farine ». Sous le niveau 2 sont apparus le sommet de murs qui appartiennent donc à un niveau plus ancien mais dont la datation est encore inconnue. Au nord, la chronologie des bâtiments identifiés en 2013 et 2015 a pu être affinée. De plus, des structures circulaires brûlées rappellent des cupules et pourraient être liées à des activités cultuelles. Cette hypothèse est étayée par le matériel céramique qui présente des formes spécifiques, non fonctionnelles.

L’ensemble des chantiers ouverts à Kunara documente des niveaux appartenant au derniers tiers du IIIe millénaire av. J.-C. Outre les datations radiocarbones, cette date est confirmée par les études sigillographiques, céramiques et épigraphiques. La fonction des structures que nous découvrons apparaît peu à peu avec de l’habitat (chantier E), un possible complexe cultuel (chantier C) et une résidence de prestige (chantier B). Toutes ces hypothèses doivent naturellement encore être confirmées.

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