Direction
Christine Kepinski (Directrice de Recherche CNRS/HDR Université de Paris I, UMR 7041)
Participation d’Éveha
Fouille archéologique
Topographie SIG
Localisation
Irak

Identifié au cours de l’année 2011 à la suite d’une prospection pédestre, le site de Kunara a fait l’objet d’une première série d’investigations archéologiques en 2012.
Un travail de cartographie du site
Dans un premier temps, une prospection géomagnétique a été réalisée sur les parties du site où la nature du terrain le permettait, c’est-à-dire essentiellement sur la ville basse.
L’existence de nombreux murs a alors été révélée, mais la découverte la plus remarquable consiste en un grand bâtiment rectangulaire mesurant environ 60 x 30 m, bordé par plusieurs murs parallèles sur son côté est. La densité du bâti sur le site est donc parfaitement avérée, et l’existence d’un complexe monumental confirmée.
Le site a fait l’objet d’un relevé topographique général qui permet d’en estimer la surface entre 7 et 9 ha.
Le résultat des fouilles archéologiques
Trois secteurs ont fait l’objet de fouilles archéologiques.
Dans l’emprise de la ville haute, quelques dizaines de centimètres seulement en dessous du sol actuel, les vestiges d’un édifice monumental sont apparus. Deux murs perpendiculaires larges de 3 m environ ont été identifiés. Ils sont bâtis à l’aide de pierres, de briques crues et de pisé. Ces murs sont bordés d’un espace dans lequel il faut probablement reconnaître une gigantesque cour dont une petite surface a pu être dégagée. Une canalisation court dans l’emprise de cet espace extérieur. Le matériel céramique associé à l’ensemble invite à dater le monument de la fin du 3e millénaire avant notre ère.
Dans la ville basse, des maçonneries en pierre assez arasées et perturbées par les travaux agricoles ont été dégagées dans un premier secteur. Elles paraissent correspondre à des fondations, et aucun sol fonctionnant avec l’ensemble n’a pu être identifié. Ce niveau appartient à l’état le plus tardif identifié, qui paraît dater du Bronze Moyen (2000-1800 av. J.-C.).
Pour les périodes antérieures, ce même secteur abrite deux murs parallèles, plus ou moins larges, qui ont été repérés sur près de 35 m de long au sein de deux sondages différents. Ils appartiennent vraisemblablement à l’édifice monumental repéré lors de la prospection géophysique. Plusieurs éléments remarquables ont été retrouvés dans les niveaux qui lui sont associés. De nombreux ratés de cuissons indiquent la présence probable d’un atelier de potier à proximité. Surtout, dans l’emprise d’une possible pièce, un sceau-cylindre a été retrouvé. Y est gravée une scène de présentation impliquant plusieurs personnages. Grâce au mobilier, l’ensemble peut être daté de la fin du 3e millénaire avant notre ère et pourrait donc être contemporain du grand bâtiment découvert dans la ville haute.
Un second secteur dégagé dans la ville basse a là-encore permis de mettre en évidence deux horizons chronologiques principaux. Le premier, daté du début du Bronze Moyen, est représenté par deux bâtiments principaux auxquels appartiennent différents murs. Leurs parties basses sont en pierre, mais les élévations étaient probablement en brique crue : une importante quantité de ce matériau, fondu, a été retrouvée à proximité. Au sein de l’un des bâtiments, le mobilier – jarres, pilons, polissoirs, meule… – permet d’identifier un espace de travail.
Pour la période la plus ancienne, datée du Bronze Ancien (2350-2000 av. J.-C.), 3 pièces d’un même monument ont été identifiées. Les élévations sont remarquables puisqu’elles paraissent conservées jusqu’au plafond. En partie basse, les murs sont construits en pierre. Une banchée de pisé recouvre ce niveau, qui est à son tour surmonté par un niveau de briques, crues ou cuites. Les moyens de construction mis en œuvre témoignent donc d’une grande diversité. Plusieurs niveaux d’occupations et des aménagements remarquables comme un four domestique sont associés à cet ensemble.
Les résultats de cette première campagne se sont donc révélés particulièrement prometteurs. À Kunara ont été identifiées différentes grandes phases architecturales à certaines desquelles sont associés des édifices monumentaux. Par ailleurs, le matériel retrouvé est riche et diversifié. Son étude croisée avec le résultat de datations C14 et une analyse fine de la stratigraphie devrait permettre d’ériger Kunara au rang de site de référence pour la région.















