Kunara – 2013

Participation d’Éveha
Fouille archéologique
Topographie SIG

Localisation
Irak

Amorcée en 2012, la fouille du site de Kunara s’est poursuivie entre les mois d’août et d’octobre 2013.

Les trois secteurs de fouilles ouverts l’année précédente ont fait l’objet d’investigations complémentaires.

La ville haute

Dans la ville haute, la poursuite des fouilles a permis de mieux comprendre la nature des vestiges déjà dégagés, et d’en affiner la chronologie. Au cours de la période la plus ancienne, attribuée au Bronze Ancien (2350-2200 av. J.-C.), le secteur est marqué par la présence d’un bâtiment fortifié construit au sommet d’une plate-forme, auquel on accédait par une rampe monumentale. Cette rampe est essentiellement constituée de marches en briques crues ou pisé sur des fondations en pierre. Le bâtiment fortifié possède des murs larges d’1,50 m épaulés par des contreforts. Il était agrémenté de sols de plâtre et de chaux.

À la fin du Bronze Ancien (2200-2000 av. J.-C.), la plate-forme existe toujours. Elle donne désormais accès à un énorme bâtiment qui devrait avoir une emprise au sol d’environ 2000 m2 et occuperait l’essentiel de la ville haute. Les murs identifiés dès l’année précédente appartenaient à ce bâtiment, construit en pierre, briques crues et pisé. Dans l’espace correspondant vraisemblablement à la cour, une canalisation, en terre cuite, a été dégagée sur une longueur de 10 m.

Par la suite, ce grand bâtiment a été incendié, et le secteur remanié. Cette occupation datée probablement du début du Bronze Moyen (2000-1800 av. J.-C.) est documentée par une série de fosses.

La ville basse

Dans la ville basse, l’occupation du Bronze Ancien est caractérisée par un quartier monumental bordé au sud par des vestiges d’architecture domestique. Le grand bâtiment monumental repéré en 2012 a fait l’objet d’observations complémentaires. Le long du côté est, un nouveau mur a pu être observé, mais la fonction de ces aménagements n’est pas encore déterminée. L’ensemble est rattaché à la fin du Bronze Ancien.

Pour la période la plus récente, outre les bâtiments déjà identifiés, il faut mentionner la découverte de trois tombes à inhumations dont la datation reste à préciser. Les corps étaient déposés dans des fosses, et la présence d’une épingle en bronze dans l’une de ces structures pourrait indiquer l’utilisation de linceuls.

Dans l’autre secteur de la ville basse, une quatrième pièce du bâtiment fouillé en 2012 a été mise au jour. Le complexe est daté du Bronze Ancien. Il a été possible de déterminer que les couvertures étaient faites de nattes en roseaux recouvertes de pisé. Dans la pièce qui a été fouillée, des traces d’incendie ont été repérées. La présence de très nombreuses jarres fragmentées dans les niveaux d’abandon paraît indiquer que l’endroit fonctionnait comme un espace de stockage.

À la fin du Bronze Ancien, un nouveau complexe est construit en place du bâtiment précédent. Il se caractérise par la présence de constructions monumentales auxquelles il faut rattacher des espaces extérieurs. L’un d’eux consiste en un niveau dallé de grandes briques cuites de format quadrangulaire. Deux canalisations courraient dans ce secteur. Le four dégagé lors de la précédente campagne fonctionne avec ces niveaux.

Observations complémentaires

Un autre chantier a été ouvert sur la pente qui borde les villes basse et haute afin de vérifier l’existence d’une enceinte. Aucune trace de cette dernière n’a pu être identifiée.

Enfin, un autre chantier ouvert dans la partie sud-est de la ville basse a livré des indices d’occupations domestiques.

Les fouilles doivent se poursuivre en 2014.

Campagnes