Direction
William Van Andringa (Université Lille III – CNRS, UMR 8164 – HALMA-IPEL)
Thomas Creissen (Éveha International – Université François Rabelais Tours, CNRS UMR 7324 – LAT)
Henri Duday (Université de Bordeaux – Laboratoire d’Anthropologie de Bordeaux)
Participation d’Éveha
Fouille archéologique
Localisation
Italie

La campagne de fouille 2016 s’est déroulée entre le 29 août et le 30 septembre 2016. Elle a porté sur les deux zones déjà explorées l’an passé : la zone A à l’ouest, la zone B à l’est.
Zone A
Dans la zone A, le travail s’est concentré sur un petit monument funéraire d’environ 4 m². Il correspond probablement à un enclos ouvert surmonté d’un fronton. En 2014 une niche abritant une urne en verre a été dégagée à la base de ce fronton. En 2015, trois stèles funéraires sont apparues dans le sol.
Cette année, le travail a porté sur les tombes de la partie sud. Elles sont matérialisées par la présence de deux stèles. L’une est en marbre et porte une inscription au nom de Poppaea Cypare. L’autre est une columelle en basalte dépourvue de chignon. A cette dernière semble rattachée une tombe antérieure à la construction de l’enclos (le monument est construit dessus). La stèle aurait été déplacée et ré-agencée après la construction du monument. Ce remaniement s’est traduit par l’aménagement d’un nouveau dispositif à libations.
La stèle de marbre est enchâssée dans un massif de maçonnerie sous lequel aucun dépôt osseux n’est apparu. Si cette absence se confirme – la fouille n’est pas totalement achevée – la stèle pourrait correspondre à l’urne en verre déposée dans la maçonnerie. Une tombe d’enfant, inédite car dépourvue de marquage de surface, est présente dans l’angle sud-ouest. L’ossuaire en céramique contient les restes d’un très jeune immature au-dessus desquels une monnaie de Tibère est déposée. A cette tombe est associé un tube à libations, probablement en matériau périssable, dont seule l’empreinte est visible. La fouille de la voie a permis d’identifier de nombreuses recharges contemporaines de l’enclos. Plusieurs épandages d’éléments carbonisés – bois, figue, noix, noyaux d’olives, pains, os de porc – ont été découverts juste devant l’enclos, sur la voie. Ils pourraient être associés aux pratiques commémoratives propres à cet espace funéraire.
Zone B
Dans la zone B, le sondage de la voie amorcé l’an passé s’est poursuivi. La chaussée, extrêmement compacte, a dû être fouillée au marteau-piqueur. Elle consiste en un niveau de béton très solide posé sur le substrat rocheux. De part et d’autre, les fouilles se sont poursuivies dans plusieurs enclos.
Au nord de la voie, l’enclos 1E contient des restes de bûchers. La fouille, entamée l’an passé, s’est poursuivie. Elle permet d’individualiser au moins deux bûchers. Parmi le mobilier associé, outre des charbons et une bûche assez complète, plusieurs fragments d’os travaillés ainsi qu’une lampe à huile sont présents.
Différentes tombes ont été fouillées. L’une – SP. 04 – pourrait appartenir à un individu dont le nom est inscrit sur le monument funéraire voisin (L. Iacellius Virillio). Les restes osseux, probablement rassemblés dans un sac, sont déposés dans un coffre. Une plaque de scellement et une stèle en lave complètent l’équipement de la tombe. A l’occasion de la fouille de cette sépulture, un ossuaire en céramique est apparu en bord de fosse. Il appartient à un tombeau dont les marquages de surface ne sont plus visibles. Sa fouille sera réalisée lors de la prochaine campagne. Le travail engagé sur SP. 03 est resté incomplet. Aucun dépôt osseux n’est encore documenté. L’architecture de cette tombe est caractérisée par le remploi de deux stèles funéraires. A l’occasion de la fouille de SP. 03, une structure imposante constituée de tuiles déposées en bâtière est apparue. Elle se prolonge vers l’est où elle perturbe la SP. 05. L’ensemble pourrait correspondre à une grande tombe en bâtière. En conclusion, la fouille de cet enclos s’est soldée par la découverte de nombreux éléments insoupçonnés : le travail devra donc se poursuivre en 2017.
Enclos 1F
Dans l’enclos 1F, deux des tombes situées en façade ont été fouillées. Dans l’angle sud-ouest, SP. 01 est signalée par une stèle en lave et une plaque de scellement. Sous celle-ci, un contenant funéraire en céramique est rempli d’os brûlés appartenant à un adulte mature. Un gros clou en fer est posé sur le couvercle, dans le comblement de la fosse. Plus à l’est, une stèle en lave marque l’emplacement de SP 06. Au-devant, un bloc de lave simplement équarri fait office de mensa. A cette tombe est associé un conduit à libations constitué de fragments de tuile canal. Les os sont déposés au sein d’un contenant funéraire de type olla fermé par un couvercle. Une monnaie est posée au sommet de l’amas. Le couvercle a été scellé à la chaux. Un sac contenant des résidus de crémation est ensuite déposé sur la chaux encore fraîche : son empreinte est encore visible. Quatre autres tombes ont été étudiées de manière plus ou moins complète au revers des sépultures de façade. Parmi ces dernières, SP. 10 correspond vraisemblablement à une tombe d’enfant. L’individu est déposé dans une amphore coupée, simplement dégagée cette année. Les sépultures SP. 9 et SP. 11 correspondent à de simples fosses creusées dans l’enclos, sans marquage de surface. Dans la première sont déposés les os brûlés d’une femme probablement morte assez jeune. Les os étaient contenus dans un sac. Dans la seconde tombe, les vestiges osseux correspondent à un enfant mort entre 4 et 7 ans. La fouille des niveaux situés dans la partie nord de l’enclos a permis d’identifier les restes d’un bûcher. Sur ce dernier, une lampe brisée et plusieurs balsamaires en verre ou en terre sont présents. Le dépôt contient également du mobilier souvent rattaché aux tombes d’enfants – clochette, pions de jeu (?). L’ensemble est daté de la période augustéenne ou augusto-tibérienne. Le bûcher semble recoupé par l’un des murs de l’enclos : ce dernier est probablement postérieur à cette date.
L’enclos 3E
Au sud de la voie, une imposante terrasse accueille plusieurs enclos funéraires et des tombes alignées. En 2016, les fouilles se sont concentrées à l’intérieur de l’enclos 3E. Il mesure environ 4 m² et présente une très forte densité de tombes : 13 sont pour l’instant identifiées. Contre le mur ouest, plusieurs d’entre elles sont concentrées en partie nord : SP. 7, 8, 9, 12 et 13. L’une appartient à un nourrisson déposé sous une amphore vinaire découpée (SP. 12). Elle a fait l’objet d’un relevé photogrammétrique. Cette tombe est venue perturber une tombe plus ancienne (SP. 13) dont l’urne est éventrée. Les tombes SP. 7 et SP. 8 étaient toutes deux marquées par des stèles, mais seule celle appartenant à SP. 8 est conservée. L’autre a disparu depuis les fouilles des années 1980. Elle était en marbre et portait l’inscription Valentinus, dont il était précisé qu’il est mort à 5 ans. Les restes osseux retrouvés dans l’urne associée cadrent bien avec cet âge. Quant à la stèle de SP. 8, elle est en lave et fonctionne avec une plaque de scellement qui surmonte l’ossuaire en céramique contenant le dépôt osseux. Ce dernier, pas encore étudié, correspond vraisemblablement à un individu âgé de 5 à 9 ans. Ces deux tombes sont contemporaines : elles sont recouvertes par un même résidu de crémation.
La fouille de SP. 03, entamée en 2015, a été terminée. La tombe est marquée par une stèle en basalte. Au fond de la fosse se trouve un crane de bélier sur lequel repose l’urne en céramique, fermée par un couvercle. Les restes osseux contenus appartiennent à un sujet adulte de plus de 25 ans de sexe indéterminé. Dans le comblement de la fosse est présent une boucle d’oreille en or.
SP. 14 est située entre SP. 3 et SP. 4. Elle ne conserve pas de marquage de surface. Un conduit à libations est présent. L’urne en céramique contient des os brûlés qui n’ont pas encore été étudiés. Le comblement de la fosse se caractérise par la présence de fragments d’os travaillés, de balsamaires, d’une lampe à huile et d’une bague à chaton en or. A l’origine, la boucle d’oreille retrouvée dans SP. 03, plus récente, se trouvait dans SP. 14. Elle a été déplacée lors du creusement de la nouvelle tombe. Dans ce même secteur, SP. 4 est marquée par une stèle anthropomorphe en basalte. Dans la fosse, l’ossuaire est une urne en céramique. Les restes osseux appartiennent à un individu adulte de sexe indéterminé. Dans le comblement de la fosse sont présents une petite fiole en verre jaune et cinq clous en fer.
Dans ce même enclos, la fouille de SP. 9 a été entamée. A cette occasion, les restes d’une aire de crémation plus ancienne sont apparus : l’ensemble sera étudié en 2017 en même temps que devrait être achevée la fouille des différentes tombes.
Au cours de cette campagne de fouille, les restes carpologiques et osseux ont été pour partie triés. Certains ont été étudiés, tout comme a été entamée l’étude des éléments en os travaillé. L’utilisation d’un pénétromètre PANDA a permis d’apporter des informations sur la configuration du substrat rocheux et la pédogenèse avant l’implantation des nécropoles ouest et est.












