Pompei – Porta Nocera – 2015

Participation d’Éveha
Recherches archéologiques

Localisation
Italie

Une nouvelle campagne de fouilles archéologiques s’est déroulée au sein de la nécropole de Porta Nocera entre le 25 août et le 26 septembre 2015. 26 personnes dont 3 stagiaires y ont participé.
Une nouvelle zone de fouille a été ouverte dans la partie Est de la nécropole (zone B), tandis que les travaux se sont poursuivis dans la partie déjà explorée l’an passé (zone A).

La zone A (fig. 2 et 3) :

Au sein de la zone A, des sondages profonds ont confirmé que le secteur faisait office de carrière avant l’installation de la nécropole. Le substrat volcanique mais aussi peut-être des couches de limons y étaient exploités.
Plus tard, la nécropole semble s’être progressivement constituée d’Est en Ouest. Le plus ancien monument situé dans l’emprise de la zone fouillée est le mausolée 27 OS, qui pourrait remonter au 3e quart du premier siècle avant n.è. Aucune sépulture fonctionnant avec ce dernier n’a été identifée. Il a pu être démontré que les niveaux de chantier liés à la construction de ce mausolée ont été recoupés pour l’établissement du monument 26a, situé environ 3m plus à l’Est : il est donc plus récent.
Ce monument, déjà repéré l’an dernier, avait été interprété comme un petit mausolée. Il s’agit plus vraisemblablement d’un enclos ouvert dont le mur du fond était sommé d’un fronton. Au centre de ce dernier, une niche abritait une urne funéraire en verre, retrouvée brisée et en partie vidée de ses ossements lors de la campagne 2014. Trois nouvelles tombes, au moins, ont été repérées à l’intérieur de enclos. Elles étaient scellées par divers niveaux d’abandons, naturels (colluvions) ou d’origine anthropopique (dépôtoir hétérogène). L’une de ces tombes est marquée par une collumelle en lave ; les deux autres sont signalées par des stèles en marbre inscrites. Une épitaphe mentionne la jeune Aphe, morte à six ans ; l’autre est celle de Poppaea Cypare, membre de la famille des Poppaei de Pompéi dont serait issue la Poppée de Néron (fig. 4).
Sous les niveaux d’abandon, le dernier niveau de fréquentation de l’enclos est caractérisé par la présence de plusieurs balsamaires en verre associés aux tombes. Les tombes n’ont pas encore été fouillées, mais les dispositifs funéraires apparaissent exceptionnellement bien conservés : plaques de scellement, stèles et conduits à libation sont encore présents (fig. 5).
Le dernier ensemble funéraire est constitué par l’enclos 25c, qui occupe la partie la plus orientale de la zone fouillée. Il pourrait remonter à la période augustéenne. Quatre stèles sont présentes, auxquelles correspondent des creusements pour partie aménagés dans le substrat volcanique (fig. 6). Au sein de l’ensemble, seules deux urnes en terre cuite ont été retrouvées. Elles contenaient des restes osseux qui n’ont pas encore été étudiés. Quelques dépôts – balsamaire en terre cuite, monnaies – sont associés à ces tombes. Dans ce même secteur, une sépulture dépourvue de marquage au sol a été identifiée. Plus récente que les autres, elle se distingue par l’absence d’urne : les os ont été directement déposés dans la fosse. Enfin, une partie d’un bûcher funéraire a également séparés par un épisode de colluvionnement intensif.

La zone B (fig. 7) :

Dans la zone B, la nécropole s’organise de part et d’autre de cette même voie qui reliait Pompei à Nocera. Cette dernière, encore recouverte par endroit par une couche de lapilli, a fait l’objet d’une observation ponctuelle au sein d’un sondage d’environ 15m2 (fig. 8). La voie et l’accotement nord, agrémenté d’aménagements complexes, ont pu être partiellement explorés. La chaussée est très irrégulière, et de nombreuses ornières et recharges s’y observent. La fouille s’est arrêtée sur un niveau de circulation extrêmement compact qui sera fouillé en 2016.
Situé au nord de la voie, l’enclos 1E a été largement dégagé au début des années 1980. Il abrite cinq tombes, dont deux ont été fouillées cette année. L’une, située au bas d’un petit monument funéraire qui porte des inscriptions avait été presque intégralement explorée lors de la première intervention. La présence d’une superstructure moderne a interdit d’achever la fouille de la seconde tombe, attribuée à Cnaeus Turranius Primus d’après l’inscription de la stèle en marbre. Dans cet enclos, les travaux se sont essentiellement concentrés sur une aire de crémation qui a été intégralement fouillée après implantation d’un carroyage resserré (fig. 9). L’étude des restes osseux est en cours.
A proximité, l’enclos 1F contient vraisemblablement huit tombes. Deux d’entre elles ont pu être fouillées cette année. Parmi ces dernières figure celle du duumvir C. veranius Rufus, agrémentée d’une lourde stèle en marbre inscrite, qui se présentait sous la forme d’un coffrage de tegulae. Les restes osseux n’ont pas encore été analysés.
Au sud, plusieurs enclos funéraires occupent une terrasse surhaussée qui surplombait la rue. Dans l’un (enclos 3E), une tombe a été partiellement fouillée. L’urne est apparue, mais elle a été laissée en place faute de temps. Dans ce même enclos il faut relever la présence de trois tombes d’enfants regroupées dans un même secteur.
Plus à l’ouest, l’enclos 3D contient apparemment 11 tombes concentrées au sein d’un espace très exigu (fig. 10). Seules deux sépultures ont pu être plus ou moins complétement étudiées. L’une d’elle présentait un aménagement particulièrement complexe : les résidus osseux ont été rassemblés dans un contenant en textile avant d’être déposés dans une urne en céramique elle-même posée dans un coffre en plomb enchâssé dans une amphore remployée.

D’une manière générale, seules quelques tombes ont été fouillées cette année, mais cet échantillon est emblématique d’une forte diversité des modalités de mise au tombeau. A l’heure actuelle, les ossements n’ont pas encore été étudiés : cette étude comme la poursuite de la fouille des différents enclos sont prévues pour l’année 2016.

Comme pour la première campagne, la photogrammétrie a été largement employée en zone A, afin de compléter les expérimentations engagées : une couverture complète a été réalisée après démontage de chaque nouvelle unité stratigraphique de manière quasi systématique.

En zone B, cet outil a été utilisé pour documenter au mieux la fouille de la voie ou certaines tombes.

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