Direction
Axelle Rougeulle (CNRS, UMR8167 – Orient et Méditerranée)
Participation d’Éveha
Recherches archéologiques
Topographie SIG
Localisation
Sultanat d’Oman

La quatrième campagne du Qalhât Project a eu lieu du 25/10 au 12/12/2011. Ce projet est financé conjointement par le Ministère du Patrimoine et de la Culture du Sultanat d’Oman, par le Ministère des Affaires étrangères et par le CNRS, et mené sous la direction d’Axelle Rougeulle (CNRS-UMR8167). L’équipe était constituée de 9 personnes, dont deux membres d’Éveha.
La grande mosquée
Lors de cette campagne, de nouvelles recherches ont été engagées sur le complexe de la grande mosquée, et plus particulièrement sur les abords de la salle de prière.
Le dégagement de l’aile nord a été poursuivi en vue de vérifier la viabilité de certaines hypothèses formulées auparavant, notamment pour ce qui concerne l’emplacement de l’accès originel à la salle de prière.
Les nouvelles fouilles ont révélé un agencement extrêmement complexe des espaces situés à la jonction des cours hautes et basses. Plusieurs traces de remaniements de grande ampleur sont également visibles pour ce secteur.
Dans la cour basse, en partie orientale, des tronçons de murs parallèles à celui qui isole le complexe de la plage ont été identifiés, sans que leur fonction puisse être déterminée. Dans ce secteur toujours, un sondage a permis d’observer l’un des sols de la cour, constitué de galets. Pour ce qui concerne la mosquée elle-même, les fouilles ont également permis de reconnaître un mur percé d’une porte qui paraît appartenir au premier état de l’aile nord. Enfin, l’ensemble de ce secteur était recouvert d’énormes éléments d’architecture effondrés, dont certains proviennent très certainement du minaret.
Plus à l’ouest, toujours pour l’aile nord, l’escalier repéré lors de la campagne de fouille précédente a continué d’être dégagé, et neuf marches au total sont identifiées. Elles descendent jusqu’à une pièce dont une petite surface du sol a pu être dégagée.
Associée à l’angle nord-ouest, une pièce reliée à la cage de cet escalier a été largement fouillée. Elle avait été partiellement observée précédemment et comporte plusieurs aménagements liés à l’eau : un petit regard dans sa partie nord, un bassin au sud. Sa fonction reste à préciser.
Un sondage a également permis de mettre en évidence le parement externe du mihrab et d’identifier des sols qui fonctionnaient avec ses états tardifs. Les maçonneries sont enduites, et des traces de reprises sont visibles.
Fouille d’une structure domestique
Lors de cette campagne il a été décidé de procéder à la fouille extensive d’une maison (B94). D’autres avaient déjà été explorées dès avant, mais il n’avait pas été possible de les dégager entièrement (Bi16, B38). Aussi, il a été décidé d’entreprendre la fouille de ce qui paraissait correspondre à un bâtiment relativement modeste, implanté dans le quartier nord-ouest de la ville. L’ambition était de mieux saisir l’organisation spatiale d’une structure domestique, mais aussi de recueillir des vestiges matériels permettant de se faire une idée plus précise du quotidien des habitants de Qalhât. Le bâtiment retenu fait face à une petite mosquée sur terrasse – B19 – ainsi qu’à une maison – B21 – dont la fouille avait déjà été engagée en 2008.
Alors que les élévations observées étaient assez peu importantes pour la maison B21, elles se sont révélées être bien plus importantes pour B94. Il n’a donc pas été possible de fouiller l’intégralité du bâtiment, d’autant plus que la stratigraphie n’était pas toujours très claire et que le matériel était particulièrement abondant.
Il est rapidement apparu qu’il ne s’agissait pas d’une seule et même maison, mais en réalité de deux demeures mitoyennes, chacune s’articulant autour d’une cour.
L’accès à la maison nord se fait par le côté est. La porte débouche sur une pièce caractérisée par la présence d’une citerne. Depuis cette entrée, il est possible d’accéder à la cour, laquelle communique avec deux autres pièces. L’une occupe l’angle nord-ouest, et aucun aménagement spécifique n’y a été repéré. Dans la seconde, à l’inverse, quatre « cuves » délimitées par des murets ont été retrouvées. Leur fonction demeure indéterminée, d’autant plus qu’elles avaient été détruites avant l’abandon de la maison : les parapets étaient brisés et les cuves comblées et recouvertes d’un sol. En dehors de ces pièces, la présence d’un étage semble plausible, au moins en certains endroits.
L’accès à la seconde maison se fait depuis le flanc sud. À l’extérieur, la porte est accompagnée d’une banquette. Depuis cet accès, on débouche sur une pièce à l’articulation complexe qui dessert différents espaces : une cour au nord et différentes pièces à l’est et à l’ouest. Il faut également y relever la présence d’un escalier qui semble impliquer la présence d’un étage.
Dans la pièce la plus occidentale a été identifié un madbasa, une structure destinée à la transformation des dattes en sirop.
En pendant, dans l’angle sud-est a été fouillée une pièce qui présente la particularité de n’être pourvue d’aucun accès en dehors d’une baie étroite ouverte en partie haute. Dans le comblement de cette pièce, mêlé à un sédiment hétérogène riche en matériaux organique, un matériel très abondant était présent. Il est notamment constitué d’assez nombreuses importations extrême-orientales, mais aussi de nombreuses céramiques omanaises, originaires de Qalhât ou de Bahla. Dans ce secteur, l’angle de la maison est renforcé par un empâtement extérieur à la base des maçonneries et des pièces comblées ont été partiellement observées. Il est possible qu’une tour dominant la construction ait occupée cette partie du complexe.
Par ailleurs, à l’extérieur, adossées contre le flanc ouest de la maison la plus septentrionale, deux petites pièces ont été fouillées. Elles ne communiquent pas avec les maisons. Dans le comblement de l’une d’elles, un matériel assez abondant a été retrouvé.
Le matériel est encore en cours d’étude mais un premier examen paraît indiquer que ces habitats sont restés en usage jusqu’à assez tard, probablement encore dans la seconde moitié du XVIe siècle.
Par ailleurs, différents sondages profonds ont permis de constater que le terrain sur lequel l’ensemble avait été bâti est assez irrégulier : le bedrock se caractérise par la présence de grandes dépressions, dont certaines ont dû être comblées pour asseoir la construction des murs. Les remblais mis en place contiennent un abondant matériel qui permet de dater la construction de la maison nord du XIVe siècle.
Enfin, dans l’emprise de la maison sud, il a été possible de reconnaître différentes maçonneries appartenant à un ou plusieurs bâtiment(s) antérieur(s) rasé(s) pour la construction de la nouvelle habitation.
Fouille d’un atelier de potier
Lors de cette campagne, un autre volet du programme consistait en un complément d’étude de l’atelier de potier (?) repéré lors de la campagne 2008. La fouille d’un four déjà en partie observé a été prolongée. Un nouveau four, particulièrement bien conservé, a été identifié. Il est quadrangulaire et mesure environ 2 x 2 m. Il est conservé sur près d’1m50 de haut, et la sole est toujours présente.
Des sondages ont été réalisés afin de préciser l’articulation générale de cette zone. À cette occasion, d’impressionnantes couches de cendres mêlées à des arêtes de poissons carbonisées mais aussi de très nombreux ratés de cuisson ont pu être identifiés.













Campagnes
- Qalhât Project – 2017
- Qalhât Development Project – 2016
- Qalhât Development Project – 2015
- Qalhât Project – 2016
- Qalhât Project – Novembre 2015
- Qalhât Project – février 2015
- Qalhât Project – 2014
- Qalhât Development Project – 2013-2014
- Qalhât Development Project – 2013
- Qalhât Project – 2013
- Qalhât Project – 2012
- Qalhât Project – 2011
- Qalhât Project – 2010
- Qalhât Project – 2009
- Qalhât Project – 2008














