Direction
Axelle Rougeulle (CNRS, UMR8167 – Orient et Méditerranée)
Participation d’Éveha
Recherches archéologiques
Localisation
Sultanat d’Oman

La grande mosquée de Qalhât est un monument connu par des descriptions anciennes. Le voyageur Ibn Battuta l’évoque de manière élogieuse après l’avoir visité vers 1330. Il nous apprend qu’elle a été construite peu avant sa visite et qu’elle était implantée au bord de la mer. Au début du XVIe siècle, le monument est également célébré par les navigateurs portugais qui sont pourtant à l’origine de sa destruction.
Repéré dès 2007 par A. Rougeulle (CNRS), responsable des fouilles archéologiques de Qalhât, le monument a été formellement identifié en 2008. Plusieurs sondages ont été réalisés dans le cadre du Qalhât Project, ce qui a permis de se faire une première idée du complexe monumental auquel appartient la mosquée. A la demande du Ministère du Patrimoine et de la Culture omanais, la fouille exhaustive de cet ensemble a été amorcée fin 2013 dans le cadre du Qalhât Development Project. Cette fouille est toujours en cours et la restitution détaillée du bâtiment comme de l’ensemble du complexe est prévue pour les prochaines sessions.
Lors de la campagne qui s’est déroulée entre fin 2013 et début 2014, il a été possible de dégager une large partie des pièces qui constituaient le soubassement de ce monument. A l’intérieur de ces dernières, quelques aménagements ont pu être observés – foyers, trous de poteaux – sans que la fonction des espaces puisse être précisée. En partie médiane de ce soubassement, un grand couloir ou passage couvert faisait directement communiquer la rue située au sud de la mosquée avec la cour nord.
A l’occasion des fouilles archéologiques, de très nombreux éléments architecturaux issus de l’effondrement de la mosquée ont été dégagés : fragments de supports, éléments de voûte, parties du revêtement mural et quelques éléments de bois… Certains ont été laissés en place car ils permettent de se faire une bonne image de la manière dont s’est effondrée la mosquée. Les murs de celle-ci sont construits en galets ou coraux noyés dans un mortier abondant, mais toute une partie des supports a été réalisée en pierres calcaires soigneusement taillées. Nombre de ces blocs de moyen appareil ont été retrouvés dans les niveaux d’effondrements. Parmi les vestiges, il faut aussi mentionner la présence de très nombreux éléments du décor, encore accrochés aux fragments d’architecture ou totalement isolés. Il s’agit essentiellement de carreaux glaçurés monochromes, vert ou bleu, qui ont des formes variées : étoiles, demi-étoiles ou bien encore croix aux extrémités en pointe. De rares fragments de carreaux de kashans figurent également au sein de l’ensemble.
Tous ces éléments ont été soigneusement observés et leur positionnement a été relevé de manière précise. Ce travail, certes très lent, permet de restituer au mieux l’aspect de ce monument et de mettre en évidence les disparités qui existaient dans l’organisation du décor : alternance dans la forme des supports, différences dans les couvrements ou variations dans l’organisation du décor. La poursuite des travaux – notamment dans le secteur du mur qibla – permettra de se faire une idée plus précise de l’histoire du monument et des transformations qu’il a subi au cours du temps.
Il importe également de compléter la fouille des abords, la mosquée faisant partie d’un vaste complexe dont la restitution d’ensemble est encore difficile à concevoir. Une grande cour se développait à l’ouest de l’édifice cultuel. Son mur occidental était percé d’une grande porte bordée d’un édifice secondaire, peut-être une madrassa. Cet accès est pour l’instant le seul clairement identifié pour la cour haute. Une seconde cour, plus basse, occupait le secteur situé au nord de la mosquée. On y accédait directement depuis la plage située à l’est, et elle était également en relation avec la cour haute et le passage couvert aménagé dans le soubassement de la mosquée. A ce côté nord de la mosquée est associée une série d’annexes formant une « aile nord » maintes fois remaniée dont la forme est difficile à restituer dans le détail. Parmi les éléments remarquables, il faut mentionner la présence d’un escalier permettant d’accéder à la salle de prière, mais surtout du grand minaret qui dominait le complexe et dont les portugais s’étaient servis comme tour de guet au moment de la conquête de la ville.



Campagnes
- Qalhât Project – 2017
- Qalhât Development Project – 2016
- Qalhât Development Project – 2015
- Qalhât Project – 2016
- Qalhât Project – Novembre 2015
- Qalhât Project – février 2015
- Qalhât Project – 2014
- Qalhât Development Project – 2013-2014
- Qalhât Development Project – 2013
- Qalhât Project – 2013
- Qalhât Project – 2012
- Qalhât Project – 2011
- Qalhât Project – 2010
- Qalhât Project – 2009
- Qalhât Project – 2008













