Qalhât Project – 2012

Participation d’Éveha
Recherches archéozologiques

Localisation
Sultanat d’Oman

La cinquième campagne du Qalhât Project a eu lieu du 30/10 au 6/12/2012. Ce projet est financé conjointement par le Ministère du Patrimoine et de la Culture du Sultanat d’Oman, par le Ministère des Affaires étrangères et par le CNRS, et mené sous la direction d’Axelle Rougeulle (CNRS-UMR8167). L’équipe était constituée de 5 personnes, dont un membre d’Éveha.

La publication des travaux

Cette campagne 2012 du Qalhât Project était essentiellement consacrée à la préparation de la publication des travaux réalisés au cours de ce premier quadriennal du Projet. Elle s’est déroulée sur place, de manière à pouvoir compléter et éventuellement corriger les observations de terrain.

La fouille d’un complexe associé à du funéraire

Parallèlement, la fouille d’une structure funéraire située dans le quartier nord-ouest de la ville a été entreprise (B67). Cette dernière appartient à un type d’aménagement repéré en plusieurs endroits de la ville : des tombes y sont associées à une structure bâtie plus ou moins complexe qui se caractérise par la présence d’une ou plusieurs « terrasses » emplies de graviers. Les tombes sont généralement implantées dans ces parties surhaussées. Si la présence de tombes permet d’assurer la vocation funéraire de tels aménagements, le détail de leur articulation demeurait inconnu et il est donc apparu indispensable d’étudier l’un d’eux. Les contours des tombes ont été dégagés mais, par mesure de respect, aucune de ces sépultures n’a été fouillée.

Le complexe dégagé est délimité par un mur haut d’un peu plus d’un mètre, essentiellement construit en galets. À l’extérieur, contre cette enceinte, sont venues s’adosser plusieurs tombes. Ces dernières semblent s’être progressivement agrégées et il est manifeste que le complexe a évolué au cours du temps. La fouille a par ailleurs permis de démontrer qu’il avait connu plusieurs phases d’aménagement. À l’intérieur, l’ensemble gravite autour d’une cour à ciel ouvert qui, dans l’angle sud-ouest, borde une tombe isolée, vraisemblablement privilégiée. Cette dernière pourrait avoir été le noyau originel du complexe, soigneusement épargné lors des remaniements postérieurs. Toute la partie ouest est constituée par une salle de prière, partitionnée dans un second temps.

Cet ensemble est bâti dans un secteur où le substrat est presque affleurant. Aussi, sa mise en œuvre a nécessité l’apport préalable d’un important remblai. Ce dernier s’est révélé être constitué d’une quantité phénoménale de tessons de céramique, pour la plupart d’origine indienne, et souvent assez usés. Leur présence en si importante quantité amène à se demander si ces éléments n’étaient pas utilisés comme ballast avant d’être abandonnés à Qalhât.

La présence de ces très nombreux marqueurs permet de situer au XIVe siècle la construction de la structure. Elle paraît avoir été utilisée jusqu’aux dernières phases d’occupation de Qalhât.

Campagnes